Hervé Morin au Figaro : « Je souhaite que nous organisions une primaire de la droite et du centre, ouverte à tous les Français »

À huit mois de l'élection présidentielle, la question de la stratégie électorale de la droite et du centre refait surface sur la scène politique française. Le p
À huit mois de l'élection présidentielle, la question de la stratégie électorale de la droite et du centre refait surface sur la scène politique française. Le président de la région Normandie, Hervé Morin, a exposé sa position dans les colonnes du *Figaro*, publiée le 26 août 2026, appelant son camp à s'organiser autour d'une primaire ouverte à tous les Français pour éviter un scénario qu'il qualifie de « catastrophe ».
## Une initiative collective pour contrer le duel annoncé
Selon les informations rapportées par *Le Figaro*, Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, estime qu'« à ce stade, personne ne se détache et donc, personne n’est en mesure de créer un élan suffisamment fort pour éviter une catastrophe ». Cette déclaration intervient dans un contexte où les sondages pourraient laisser présager un second tour opposant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. L'élu normand insiste sur le fait que « ça n’est pas de nous dont il s’agit, car ça n’aurait pas beaucoup d’importance, mais de la France », soulignant ainsi l'enjeu national d'une telle configuration.
Le président de région précise que sa démarche ne relève pas d'une « initiative individuelle ». Il affirme avoir « rassemblé en quelques jours autour de cette idée plusieurs centaines de maires, d’élus régionaux et départementaux, ainsi que des parlementaires de tous horizons ». Cette mobilisation, selon ses dires, témoignerait d'une attente au sein des territoires et des différentes sensibilités politiques du bloc central.
## Le précédent de 2016 comme modèle
Hervé Morin propose de s'inspirer du scrutin de 2016, qui avait permis de désigner un candidat unique pour la droite et le centre. Ce précédent historique, organisé sous l'égide des Républicains, avait vu la participation de plusieurs personnalités politiques et avait abouti à la désignation de François Fillon. Le modèle d'une primaire ouverte, permettant aux Français ne se reconnaissant pas dans les extrêmes de participer au choix du candidat, semble constituer selon lui une solution pour créer une dynamique suffisante.
Cette proposition intervient alors que plusieurs personnalités, dont Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, sont régulièrement citées comme potentielles candidates au sein du bloc central. Toutefois, aucune d'entre elles n'aurait, à ce stade, officiellement confirmé son intention de se présenter, et les divisions internes pourraient fragiliser les chances de la droite et du centre d'accéder au second tour.
## Une pétition lancée pour appuyer la démarche
Dans son entretien au *Figaro*, Hervé Morin a également annoncé le lancement d'une pétition en faveur d'une primaire pour un candidat unique de la droite et du centre. Il appelle « dès aujourd’hui les Français qui se reconnaissent dans cette démarche à signer » ce texte, qui servirait d'outil de pression sur les instances politiques pour organiser un tel scrutin. La date de sa rentrée politique, prévue pour la mi-septembre, pourrait constituer une échéance pour mesurer le soutien suscité par cette initiative.
Cette proposition soulève toutefois des interrogations sur sa faisabilité organisationnelle et sur l'accord des principales parties prenantes. La question d'un éventuel calendrier commun et des modalités de participation reste, pour l'heure, sans réponse officielle de la part des autres formations politiques concernées. Les semaines à venir pourraient apporter des précisions sur la recevabilité d'une telle démarche au sein d'un paysage politique français particulièrement fragmenté, où les rapports de force internes à chaque camp demeurent incertains à l'approche du scrutin présidentiel.