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Hausse des prix du carburant: la prime "grands rouleurs" jugées insuffisante

Economie · · Par Julie MOREAU

Hausse des prix du carburant: la prime

# Hausse des prix du carburant : la prime "grands rouleurs" jugée insuffisante par les professionnels Alors que les prix à la pompe poursuivent leur ascension,

# Hausse des prix du carburant : la prime "grands rouleurs" jugée insuffisante par les professionnels Alors que les prix à la pompe poursuivent leur ascension, le dispositif de prime destiné aux "grands rouleurs" — ces automobilistes parcourant plus de 12 000 kilomètres par an pour des raisons professionnelles — suscite de vives critiques. Mis en place pour amortir le choc budgétaire lié à la flambée des carburants, ce mécanisme est jugé trop restrictif et insuffisamment calibré face à l'ampleur de la hausse, selon plusieurs organisations professionnelles et associations d'usagers. ## Un dispositif aux contours trop étroits La prime "grands rouleurs" vise à compenser partiellement le surcoût supporté par les travailleurs dépendants de leur véhicule pour exercer leur activité. Concrètement, elle s'adresse aux personnes dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur à un certain seuil et qui utilisent leur voiture à des fins professionnelles sur de longues distances. Mais les critères d'éligibilité, jugés trop restrictifs, excluraient une part significative des conducteurs concernés. Selon des données issues de plusieurs études, le seuil kilométrique minimal de 12 000 kilomètres par an écarterait notamment les travailleurs à temps partiel ou ceux exerçant dans des zones périurbaines où les trajets domicile-travail sont pourtant contraints par l'absence d'alternatives de transport. Par ailleurs, le montant de l'aide, fixé à 100 euros par an, apparaît dérisoire au regard de l'explosion des prix à la pompe, qui a atteint des records historiques ces derniers mois. ## Des professionnels du transport particulièrement exposés Les secteurs du transport routier et de la livraison, où les kilomètres parcourus dépassent largement les 12 000 kilomètres annuels, figurent parmi les premiers à dénoncer l'insuffisance de cette mesure. Pour un chauffeur-livreur ou un artisan itinérant, la hausse du gazole peut représenter plusieurs centaines d'euros supplémentaires par mois, une charge difficilement répercutable sur les clients dans un contexte de concurrence accrue et de marges déjà très faibles. Les syndicats de la profession estiment que la prime actuelle ne couvre même pas 5 % du surcoût annuel moyen supporté par un conducteur professionnel. Certaines fédérations réclament une revalorisation substantielle du montant, ainsi qu'un élargissement des critères d'accès, afin d'inclure les travailleurs indépendants et les micro-entrepreneurs, souvent exclus des aides sociales classiques. ## Un contexte macroéconomique tendu Cette polémique intervient dans un climat économique déjà fragilisé par l'inflation et la dégradation des finances publiques. Le déficit public français, qui s'élève à 6,2 % du PIB, limite la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement pour de nouvelles mesures de soutien. Par ailleurs, les tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le transport maritime du pétrole, pourraient encore accentuer la volatilité des cours. Une fermeture prolongée de cette voie maritime serait, selon le commissaire européen aux Transports, "catastrophique pour l'économie mondiale". Dans ce contexte, les experts s'interrogent sur la soutenabilité à long terme d'un modèle de mobilité fortement dépendant des énergies fossiles, alors que les alternatives (électrique, hydrogène, covoiturage) restent encore marginales pour les "grands rouleurs". ## Des pistes d'amélioration sur la table Face aux critiques, plusieurs propositions émergent pour renforcer l'efficacité de la prime. Parmi elles, la création d'un barème progressif en fonction du kilométrage réellement parcouru, ou encore l'indexation du montant de l'aide sur l'évolution des prix des carburants. D'autres voix suggèrent de transformer ce dispositif en un crédit d'impôt direct, plus simple à administrer et mieux ciblé. En attendant, les "grands rouleurs" continuent de subir de plein fouet la hausse des prix à la pompe, tandis que le débat sur la justice sociale et la transition énergétique reste plus que jamais d'actualité.