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Hausse de la mortalité infantile : les raisons du naufrage de la France

Une · · Par Claire BERNARD

Hausse de la mortalité infantile : les raisons du naufrage de la France

### La France face à une hausse inédite de la mortalité infantile : un constat alarmant Longtemps considérée comme un modèle en matière de périnatalité, la Fran

### La France face à une hausse inédite de la mortalité infantile : un constat alarmant Longtemps considérée comme un modèle en matière de périnatalité, la France observe depuis plusieurs années une dégradation continue de ses indicateurs de santé infantile. Selon un décryptage publié par *Le Figaro*, notre pays, autrefois exemplaire, voit désormais son taux de mortalité infantile augmenter, un phénomène qui interroge les professionnels de santé et les pouvoirs publics. Les causes, multiples et complexes, mêlent facteurs sociaux, médicaux et organisationnels. ## Un recul historique des performances françaises La France, qui figurait parmi les nations les plus performantes pour la survie des nourrissons, a progressivement perdu son rang. D’après les données rapportées par *Le Figaro*, le taux de mortalité infantile, défini comme le nombre de décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes, est passé de 3,6 en 2012 à environ 4,5 en 2022. Cette hausse, bien que modeste en apparence, représente une inversion de tendance préoccupante dans un pays où les progrès médicaux avaient permis une baisse constante depuis les années 1970. Les experts interrogés soulignent que ce recul est d’autant plus frappant que d’autres pays européens, comme la Suède ou la Finlande, continuent d’améliorer leurs chiffres. ## Des facteurs médicaux et sociaux en cause Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette dégradation. D’un côté, des facteurs médicaux directs : l’augmentation des naissances prématurées, liée à des grossesses plus tardives et à des techniques de procréation médicalement assistée (PMA) plus fréquentes, pourrait jouer un rôle significatif. De l’autre, des déterminants sociaux tels que la précarité, l’obésité maternelle ou le tabagisme pendant la grossesse sont également pointés du doigt. Selon des sources gouvernementales citées dans l’article, ces éléments combinés créent un environnement moins favorable à la santé des nouveau-nés, en particulier dans les territoires les plus défavorisés. ## Un système de soins sous tension Le système de santé français, confronté à une pénurie de personnels et à une désertification médicale dans certaines régions, pourrait également contribuer à cette hausse. Les professionnels de la périnatalité évoquent notamment un manque de lits en réanimation néonatale et des difficultés d’accès aux soins pour les femmes enceintes dans les zones rurales. *Le Figaro* rapporte que les fermetures de maternités, particulièrement dans les petites villes, ont réduit l’offre de proximité, obligeant certaines patientes à parcourir de longues distances pour accoucher. Cette situation, couplée à une saturation des services d’urgence, pourrait retarder la prise en charge des complications. ## Des conséquences à long terme pour la santé publique Au-delà du constat immédiat, cette tendance soulève des inquiétudes pour l’avenir de la santé publique en France. Les experts estiment que si aucune mesure structurelle n’est prise, le taux de mortalité infantile pourrait continuer à croître, creusant les inégalités territoriales et sociales. Des pistes d’amélioration sont évoquées, comme le renforcement des réseaux de périnatalité ou l’investissement dans la prévention auprès des femmes enceintes vulnérables. Toutefois, dans un contexte budgétaire contraint, la mise en œuvre de ces solutions pourrait s’avérer complexe, laissant planer le doute sur la capacité du pays à inverser la tendance.