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Hausse des carburants: "On est pris à la gorge", déplore ce pêcheur

Economie · · Par Julie MOREAU

Hausse des carburants:

## Hausse des carburants : la colère des pêcheurs monte d'un cran La flambée des prix des carburants continue de peser lourdement sur le secteur de la pêche, où

## Hausse des carburants : la colère des pêcheurs monte d'un cran La flambée des prix des carburants continue de peser lourdement sur le secteur de la pêche, où les professionnels dénoncent une situation économique intenable. Selon BFM Business, un pêcheur a résumé la détresse de la filière d'une formule saisissante : « On est pris à la gorge ». Cette déclaration illustre le désarroi d'une profession dont les coûts d'exploitation sont directement indexés sur le prix du gazole. ## Une dépendance structurelle au gazole Le secteur halieutique figure parmi les activités les plus exposées à la volatilité des prix pétroliers. Un chalutier consomme en moyenne plusieurs milliers de litres de carburant par jour de mer, ce qui représente entre 30 et 50 % des charges d'exploitation selon les types de navires. Contrairement au transport routier ou à l'agriculture, la pêche ne dispose que de marges de manœuvre limitées : les navires ne peuvent pas réduire leur consommation sans compromettre leur capacité de capture, et les prix de vente du poisson sont largement fixés par les marchés internationaux. Cette équation rend la filière particulièrement vulnérable à toute hausse brutale des cours du brut. ## Un contexte social déjà tendu Cette colère intervient dans un climat social déjà électrique. Toujours selon BFM Business, le maire de Sète a apporté son soutien aux pêcheurs mobilisés, leur conseillant de « continuer une action ». Le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer a également été bloqué, avant que les choses ne « se soient rapidement calmées », selon les propos du maire de la commune relayés par la chaîne. Ces mouvements s'inscrivent dans un mécontentement plus large sur le pouvoir d'achat : un sondage Elabe publié en septembre indiquait que 67 % des Français estimaient que leur pouvoir d'achat avait baissé ces derniers mois. ## Des relais politiques et syndicaux La mobilisation des pêcheurs trouve des échos dans le champ politique et syndical. Jean-Pierre Mercier, porte-parole de Lutte Ouvrière, a estimé que « la colère doit s'exprimer ». Du côté des Républicains, Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, a plaidé pour une baisse immédiate du prix du plein « sans un euro de dette », tout en affirmant qu'« il n'y a plus de sous dans les caisses ». Ces prises de position témoignent de la sensibilité politique extrême du sujet à l'approche des échéances électorales. ## Un enjeu économique et territorial Au-delà de la seule question du carburant, c'est l'avenir de toute une filière qui se joue. La pêche française emploie plusieurs dizaines de milliers de personnes, souvent dans des territoires littoraux où elle constitue le principal tissu économique. Une hausse durable des coûts énergétiques pourrait accélérer la disparition de petites entreprises familiales, incapables d'absorber un tel choc. Les organisations professionnelles réclament de longue date un mécanisme d'aide pérenne, indexé sur les prix du carburant, plutôt que des dispositifs d'urgence ponctuels. La question reste ouverte : sans réponse structurelle, la colère des marins pourrait bien continuer de grossir, à l'image de celle qui gronde dans d'autres secteurs dépendants du pétrole.