Hantavirus : la Française contaminée au printemps sur le MV Hondius est sortie de réanimation

Alors qu'elle avait été admise en réanimation au printemps dernier, la retraitée française contaminée par l'hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius
Alors qu'elle avait été admise en réanimation au printemps dernier, la retraitée française contaminée par l'hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius a quitté le service hospitalier parisien qui la prenait en charge. Selon des informations rapportées par Le Figaro, la patiente a passé près de trois mois entre les murs de l'établissement avant de pouvoir être transférée dans un service de médecine conventionnelle.
## Une contamination survenue lors d'une expédition polaire
La septuagénaire aurait contracté le virus au cours d'une croisière d'expédition à destination de l'Antarctique, à bord du MV Hondius, un navire battant pavillon néerlandais spécialisé dans ce type de voyages. D'après les éléments communiqués par la compagnie Oceanwide Expeditions, qui opère ce bâtiment, plusieurs passagers auraient été exposés au virus lors de cette traversée effectuée au début de l'année 2023. Les autorités sanitaires néerlandaises avaient d'ailleurs été alertées dès le mois de mars, après la confirmation de plusieurs cas parmi les voyageurs ayant effectué ce périple.
Le hantavirus, transmis à l'humain par l'inhalation de particules virales présentes dans les excréments, l'urine ou la salive de rongeurs infectés, provoque une maladie potentiellement grave. Dans sa forme la plus sévère, l'infection peut engendrer un syndrome pulmonaire aigu, nécessitant une prise en charge en réanimation avec assistance respiratoire. La patiente française, dont l'identité n'a pas été divulguée, aurait développé cette forme grave de la maladie, justifiant son hospitalisation prolongée en soins intensifs.
## Une prise en charge médicale de longue durée
Le parcours de soins de cette retraitée illustre la gravité potentielle de cette zoonose, encore méconnue du grand public. Selon les précisions apportées par Le Figaro, la patiente serait restée près de trois mois en réanimation dans un hôpital parisien, une durée inhabituellement longue qui témoigne de la sévérité de son état de santé initial. Les équipes médicales auraient mis en œuvre des protocoles de suppléance respiratoire et de surveillance hémodynamique rapprochée pour faire face aux complications pulmonaires induites par le virus.
Cette affaire a également mis en lumière les procédures sanitaires applicables aux navires de croisière opérant dans des zones à risque. La compagnie Oceanwide Expeditions avait indiqué, dans un communiqué publié au printemps, avoir renforcé ses protocoles de nettoyage et de désinfection à bord du MV Hondius, tout en sensibilisant les passagers aux risques liés à la manipulation d'équipements potentiellement contaminés. Les autorités sanitaires internationales, notamment l'Organisation mondiale de la santé, recommandent par ailleurs une vigilance accrue lors des expéditions dans les régions où le réservoir animal du virus est présent.
## Une évolution favorable mais des interrogations persistantes
La sortie de réanimation de la patiente française constitue une évolution favorable, même si son état de santé nécessitera vraisemblablement une période de convalescence prolongée. Les séquelles pulmonaires consécutives à ce type d'infection peuvent en effet persister plusieurs mois, imposant un suivi médical régulier et une réadaptation fonctionnelle progressive. D'après les données épidémiologiques disponibles, le taux de mortalité du syndrome pulmonaire à hantavirus varie entre 30 % et 40 % selon les souches virales, ce qui rend chaque cas particulièrement sensible.
Par ailleurs, cette affaire relance le débat sur la surveillance sanitaire des navires de croisière d'expédition, dont la fréquentation a considérablement augmenté ces dernières années. Les itinéraires polaires, notamment vers l'Antarctique et l'Arctique, exposent les voyageurs à des environnements où les contacts avec la faune locale, et indirectement avec les pathogènes qu'elle peut véhiculer, sont plus fréquents. Les compagnies maritimes concernées devraient vraisemblablement renforcer leurs dispositifs de prévention et d'information des passagers avant le départ, afin de limiter les risques de contamination.