Guinée: accusé d'avoir tué sa femme au Canada en 2007, l'opposant Rafiou Sow incarcéré à Conakry

Guinée: accusé d'avoir tué sa femme au Canada en 2007, l'opposant Rafiou Sow incarcéré à Conakry L’opposant guinéen Rafiou Sow a été inculpé et placé sous manda
Guinée: accusé d'avoir tué sa femme au Canada en 2007, l'opposant Rafiou Sow incarcéré à Conakry
L’opposant guinéen Rafiou Sow a été inculpé et placé sous mandat de dépôt, mercredi 24 juin 2026, par les autorités judiciaires de Conakry. Il est accusé du meurtre de son épouse, Rachelle Wrathmall, une Canadienne retrouvée poignardée à son domicile en 2007. Cette affaire, qui mêle crime présumé, exil et engagement politique, suscite des interrogations sur la coopération judiciaire entre la Guinée et le Canada, ainsi que sur le parcours de cet homme devenu figure de l’opposition guinéenne.
Un crime présumé vieux de près de deux décennies
Selon des informations rapportées par RFI, Rafiou Sow serait impliqué dans la mort de Rachelle Wrathmall, survenue en 2007 dans la région de Toronto, au Canada. La victime aurait été poignardée à son domicile, un acte pour lequel son époux, alors âgé d’une trentaine d’années, aurait rapidement été considéré comme le principal suspect. Les autorités canadiennes auraient émis un mandat d’arrêt à son encontre, mais Rafiou Sow aurait quitté le territoire avant d’être interpellé, fuyant vers la Guinée. Ce n’est que près de deux décennies plus tard, en juin 2026, qu’il a été appréhendé à Conakry, à la suite d’une procédure judiciaire engagée par les autorités locales. Les détails précis de son arrestation n’ont pas été communiqués, mais elle semblerait liée à une demande d’extradition ou à une enquête menée en collaboration avec le Canada.
Un parcours politique controversé en Guinée
Après son retour en Guinée, Rafiou Sow aurait cherché à se reconstruire une vie loin des accusations canadiennes. Il se serait lancé dans une carrière d’opposant politique, fondant le Parti du renouveau et du progrès (PRP). Ce parti, qui prônait des réformes démocratiques et une critique du régime en place, aurait été dissous en mars dernier par les autorités guinéennes, pour des raisons qui n’ont pas été officiellement précisées. Certaines sources locales évoquent des tensions avec le gouvernement, tandis que d’autres suggèrent que cette dissolution pourrait être liée à des antécédents judiciaires de son fondateur. Rafiou Sow était également connu pour ses prises de position virulentes contre la junte militaire au pouvoir, ce qui lui aurait valu une certaine notoriété dans les cercles de l’opposition.
Des implications judiciaires et diplomatiques
Cette incarcération soulève plusieurs questions, notamment sur la capacité de la Guinée à coopérer avec le Canada dans le cadre de cette affaire. Selon des observateurs juridiques, une extradition vers le Canada pourrait être envisagée, bien que les procédures soient souvent complexes entre pays africains et occidentaux. Par ailleurs, le cas de Rafiou Sow met en lumière les lacunes du système judiciaire guinéen, qui pourrait avoir tardé à agir malgré les mandats d’arrêt internationaux. L’opposant, qui clamerait son innocence selon des proches, pourrait bénéficier d’un procès en Guinée même, ce qui risquerait de compliquer les relations diplomatiques avec Ottawa. En attendant, il demeure incarcéré à Conakry, tandis que l’enquête se poursuit. Cette affaire pourrait également avoir des répercussions sur la scène politique guinéenne, où l’opposition dénonce parfois des arrestations à caractère politique, bien que le contexte ici soit criminel.