Guillaume Tabard : «Après la mort de Lyhanna, une justice sommée de rendre des comptes»

Guillaume Tabard : «Après la mort de Lyhanna, une justice sommée de rendre des comptes» Le décès tragique de la jeune Lyhanna, survenu dans des circonstances qu
Guillaume Tabard : «Après la mort de Lyhanna, une justice sommée de rendre des comptes»
Le décès tragique de la jeune Lyhanna, survenu dans des circonstances qui interrogent l’efficacité des dispositifs de protection de l’enfance, a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique française. Alors que les marches blanches organisées en sa mémoire ont exclu la présence des responsables politiques, le chroniqueur Guillaume Tabard, dans une tribune publiée le 7 juin 2026 sur Le Figaro, estime que cette mise à l’écart ne saurait être une solution durable. Selon lui, le temps de l’émotion doit désormais céder la place à celui de l’action, plaçant la justice et l’État face à leurs responsabilités dans un dossier où les « dysfonctionnements » semblent patents.
Une opinion qui ne tolère plus l’évitement
Dans son analyse, Guillaume Tabard souligne que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, aurait compris que l’opinion publique ne supporterait plus que l’État, à tous les niveaux, minore ou fuie ses responsabilités. Le chroniqueur déplore en effet que déplorer les failles d’un « système » revienne trop souvent à plaider la fatalité et à dédouaner les acteurs de toute responsabilité personnelle. « Ce qui est la faute de tout le monde n’est la faute de personne », écrit-il, pointant du doigt une mécanique bien rodée où l’absence d’un responsable clair empêche toute sanction effective. Selon des informations rapportées par Le Figaro, cette tribune intervient dans un contexte où les dysfonctionnements des services sociaux et judiciaires sont de plus en plus fréquemment mis en lumière, sans pour autant que des mesures correctives structurelles soient adoptées.
La nécessaire implication des politiques
Si la décision d’écarter les personnalités politiques des marches blanches en hommage à Lyhanna peut se comprendre par la crainte de « récupération » ou de polémiques, Guillaume Tabard estime qu’elle ne doit pas devenir un prétexte pour les tenir à l’écart des solutions. « Que serait l’émotion sans les solutions pour qu’un tel drame révoltant ne se reproduise plus ? », interroge-t-il. Pour lui, il ne s’agit pas d’exclure les politiques, mais au contraire de les obliger à s’impliquer pleinement dans la recherche de réponses concrètes. Le chroniqueur rappelle que, à l’heure du vote, les Français seront plus exigeants encore avec leurs élus sur leur capacité à répondre à toutes les formes de violence, notamment celles dont les enfants sont victimes. Cette exigence, selon lui, devrait être un moteur pour une réforme en profondeur du système de protection de l’enfance.
Une justice sommée de rendre des comptes
L’article de Guillaume Tabard met également en avant la pression croissante qui pèse sur l’institution judiciaire. La mort de Lyhanna, qui pourrait être le résultat d’une série de défaillances, a en effet relancé le débat sur la responsabilité des magistrats et des travailleurs sociaux. Selon des sources proches du dossier, plusieurs enquêtes administratives auraient été ouvertes pour déterminer les causes exactes de ce drame. Le chroniqueur du Figaro suggère que la justice, loin d’être un simple rouage administratif, doit désormais être considérée comme un acteur central dans la prévention de tels drames. Il appelle à ce que les dysfonctionnements soient « établis, sanctionnés et corrigés », une formule qui résonne comme un avertissement adressé à l’ensemble de la chaîne décisionnelle.
Perspectives et enjeux pour l’avenir
Alors que l’émotion suscitée par la mort de Lyhanna ne retombe pas, la tribune de Guillaume Tabard ouvre une réflexion plus large sur la responsabilité collective face aux violences faites aux enfants. L’auteur estime que le débat public doit désormais s’orienter vers des propositions concrètes, et non se limiter à une indignation stérile. Si les marches blanches ont permis un moment d’unité et de communion, le temps est venu, selon lui, d’exiger des comptes et d’engager des réformes structurelles. La question qui demeure est celle de la volonté politique : les responsables sauront-ils transformer cette émotion en actions durables, ou le système continuera-t-il à fonctionner dans l’opacité et l’impunité ? La réponse, pour l’heure, reste suspendue à l’issue des enquêtes en cours.