Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky va-t-il se séparer du commandant en chef de l’armée, le général Syrsky ?

Guerre en Ukraine : la position du général Syrsky fragilisée par des tensions politiques et militaires La question d’un possible remplacement du commandant en c
Guerre en Ukraine : la position du général Syrsky fragilisée par des tensions politiques et militaires
La question d’un possible remplacement du commandant en chef de l’armée ukrainienne, le général Oleksandr Syrsky, refait surface dans le paysage politique et médiatique de Kiev. Selon des informations rapportées par Le Figaro le 19 juillet 2026, le président Volodymyr Zelensky pourrait envisager de se séparer de cet officier de 60 ans, dont la gestion des opérations et les relations avec le ministère de la Défense suscitent une contestation croissante, tant au sein de l’état-major que dans l’opinion publique.
Un commandant en chef contesté depuis Bakhmout
La figure du général Syrsky est loin de faire l’unanimité en Ukraine. D’après l’article du Figaro, ce natif de Russie, russophone, s’est vu affublé du sobriquet de « boucher » depuis la bataille de Bakhmout, qui s’est soldée par une victoire russe en mai 2023. Ce qualificatif renvoie à une stratégie de défense inflexible, jugée particulièrement coûteuse en vies humaines. Cette approche, qui consisterait à ne céder aucun terrain, même au prix de pertes élevées, ne date pas de Bakhmout : elle aurait déjà été observée en 2014, lors de la bataille de Debaltseve, alors que Syrsky commandait la 72e brigade motorisée. À aucun moment, selon les critiques, l’idée de reculer pour préserver des effectifs n’aurait été privilégiée.
Ces choix tactiques, s’ils ont pu ralentir ponctuellement l’avancée russe, ont nourri un ressentiment durable au sein des troupes et d’une partie de la hiérarchie militaire. La gestion des pertes humaines, perçue comme cruelle et rigide, a contribué à éroder la légitimité du général, même si ses supérieurs ont longtemps maintenu leur confiance en lui.
Tensions avec l’ex-ministre de la Défense Fedorov
Le contexte s’est toutefois aggravé au cours des derniers mois, notamment en raison de frictions ouvertes entre le commandant en chef et le nouveau ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, entré en fonction en janvier 2026. Ce dernier, figure populaire et champion de la guerre des drones, aurait incarné une vision plus moderne, plus agile et moins bureaucratique de la conduite des opérations. Selon Le Figaro, le style de commandement de Syrsky est décrit comme « trop vertical, trop bureaucratique, bref trop "soviétique" » par ses détracteurs, en opposition directe avec les réformes prônées par Fedorov.
Cette opposition de méthodes aurait rapidement dégénéré en conflit ouvert. Mykhaïlo Fedorov, qui a depuis été limogé ou a démissionné — les sources ne précisent pas encore les circonstances exactes —, aurait été une victime collatérale de ces luttes d’influence. Les manifestants, dans les rues de Kiev, dénoncent d’ailleurs le rôle d’Oleksandr Syrsky dans le départ du ministre, qu’ils considèrent comme un champion de l’innovation militaire. Cette défiance populaire ajoute une pression supplémentaire sur la présidence.
Un équilibre politique fragile pour Zelensky
Pour Volodymyr Zelensky, la décision de maintenir ou non le général Syrsky à son poste relève d’un calcul politique délicat. D’un côté, remplacer le commandant en chef en pleine guerre pourrait être perçu comme un signe de faiblesse ou d’instabilité, d’autant plus que Syrsky conserve des soutiens au sein de l’appareil militaire traditionnel. De l’autre, ne pas agir face à la contestation grandissante risque d’alimenter un mécontentement qui pourrait fragiliser la cohésion nationale et l’effort de guerre.
Le sort du général Syrsky semble ainsi suspendu à l’évolution du rapport de forces entre les partisans d’une armée réformée, incarnée par Fedorov, et les tenants d’une hiérarchie plus classique, dont Syrsky serait le symbole. Selon Le Figaro, la colère couvait depuis des mois, mais la rupture entre le commandant en chef et l’ex-ministre de la Défense a précipité les événements. Le président ukrainien devra trancher, sachant que chaque option comporte des risques pour la stabilité de son commandement et pour la conduite de la guerre face à la Russie.
La question reste ouverte de savoir si Volodymyr Zelensky choisira de sacrifier un général controversé pour apaiser les tensions internes, ou s’il maintiendra sa confiance dans un officier dont la loyauté et l’expérience, malgré les critiques, pourraient encore être jugées indispensables sur le front.