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Guerre en Ukraine : pourquoi Volodymyr Zelensky veut-il absolument éviter d’organiser des élections malgré la pression de ses opposants ?

Une · · Par Claire BERNARD

Guerre en Ukraine : pourquoi Volodymyr Zelensky veut-il absolument éviter d’organiser des élections malgré la pression de ses opposants ?

Au cours d’une rencontre avec des journalistes, ce dimanche 23 août, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié l’organisation d’élections en temps de

Au cours d’une rencontre avec des journalistes, ce dimanche 23 août, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié l’organisation d’élections en temps de guerre de « tsunami » potentiel pour le pays. Cette déclaration intervient alors que ses opposants politiques multiplient les pressions pour obtenir un scrutin, malgré la loi martiale qui l’interdit formellement. Le chef de l’État ukrainien semble déterminé à maintenir le statu quo électoral, invoquant des impératifs de sécurité nationale et de stabilité institutionnelle. ## Une position ferme justifiée par l’état de guerre Selon des informations rapportées par Midi Libre, Volodymyr Zelensky a explicitement évoqué les risques d’un scrutin pendant le conflit armé qui oppose l’Ukraine à la Russie depuis février 2022. Pour le président, organiser des élections dans un contexte de guerre totale exposerait le pays à des fragilités internes majeures, notamment en matière de logistique, de sécurité des bureaux de vote et de participation des soldats mobilisés sur le front. La tenue d’un tel scrutin pourrait également créer un vide juridique susceptible d’être exploité par Moscou sur le plan diplomatique. Cette position s’appuie sur la législation ukrainienne, qui prévoit la prolongation automatique des mandats en période de loi martiale. Le mandat de Volodymyr Zelensky, arrivé à échéance en mai 2024, a ainsi été prorogé de facto. Ses détracteurs, parmi lesquels certaines figures de l’opposition parlementaire, estiment pourtant que cette prolongation affaiblit la légitimité démocratique du pouvoir en place. Toutefois, le président ukrainien considère que la priorité absolue demeure la défense territoriale et la survie de l’État. ## Les opposants entre pressions politiques et considérations stratégiques D’après plusieurs observateurs politiques cités par la presse régionale française, les appels à des élections émanent principalement de responsables politiques qui cherchent à capitaliser sur une lassitude potentielle de l’opinion publique. Certains d’entre eux, comme l’ancien conseiller présidentiel Oleksiy Arestovych, ont publiquement remis en cause la légitimité de la prolongation du mandat présidentiel. Ces critiques interviennent dans un climat où l’effort de guerre mobilise l’essentiel des ressources budgétaires de l’État, laissant peu de marge pour des campagnes électorales. Cependant, les partisans du maintien du statu quo soulignent que des élections libres et équitables seraient matériellement impossibles à organiser dans les territoires occupés ou en première ligne. Les millions de déplacés internes, les infrastructures détruites et les coupures d’électricité récurrentes rendraient toute consultation électorale techniquement hasardeuse. Par ailleurs, les responsables militaires ukrainiens auraient exprimé des réserves quant à la mobilisation des forces de sécurité pour encadrer un scrutin pendant que les combats se poursuivent. ## Un équilibre fragile entre exigence démocratique et impératif sécuritaire La pression internationale joue également un rôle dans ce débat. Selon des sources diplomatiques européennes, certains alliés de Kiev, notamment au sein de l’Union européenne, suivent de près cette question sans toutefois exiger un calendrier précis. Ils reconnaissent que la tenue d’élections en temps de guerre pourrait compromettre la coordination militaire et l’acheminement de l’aide occidentale. En revanche, des organisations non gouvernementales spécialisées dans la promotion de la démocratie ont exprimé des inquiétudes quant à l’érosion progressive des contre-pouvoirs institutionnels. Volodymyr Zelensky, de son côté, semble vouloir jouer la montre en attendant une stabilisation du front ou une issue diplomatique au conflit. Ses déclarations récentes suggèrent qu’il privilégie une forme de continuité exécutive, adossée à un état-major unifié, plutôt qu’une compétition politique qui pourrait fragmenter l’effort national. Il a également évoqué la possibilité d’un référendum sur des questions fondamentales, comme l’adhésion à l’OTAN, qui pourrait servir de substitut à un scrutin présidentiel. ## Une incertitude qui pourrait s’étendre au-delà de 2025 À ce stade, aucun calendrier électoral n’a été officiellement annoncé par les autorités ukrainiennes. Selon les analystes, la situation pourrait perdurer tant que la loi martiale restera en vigueur, ce qui semble probable dans les prochains mois. Le président a toutefois laissé entendre que des élections pourraient être organisées dans un délai de six mois après la fin des hostilités, une promesse qui devra être suivie d’effets concrets lorsque les conditions le permettront. En attendant, la question électorale demeure un point de friction latent entre le pouvoir exécutif et une opposition qui peine à exister sur la scène politique nationale. La trajectoire du conflit, les négociations diplomatiques et la capacité de l’Ukraine à maintenir sa cohésion interne détermineront largement l’issue de ce dossier. La pression des opposants, bien que réelle, semble pour l’instant contrebalancée par l’urgence sécuritaire et l’absence d’alternative crédible susceptible de fédérer l’opinion publique.