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Guerre au Moyen-Orient : sous pression pour désarmer le Hezbollah, le président libanais Joseph Aoun reçu par Donald Trump ce mardi à la Maison-Blanche

Une · · Par Claire BERNARD

Guerre au Moyen-Orient : sous pression pour désarmer le Hezbollah, le président libanais Joseph Aoun reçu par Donald Trump ce mardi à la Maison-Blanche

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Guerre au Moyen-Orient : sous pression pour désarmer le Hezbollah, le président libanais Joseph Aoun reçu par Donald Trump ce mardi à la Maison-Blanche

Le président libanais Joseph Aoun est reçu ce mardi à la Maison-Blanche par Donald Trump, dans un contexte de fortes pressions américaines et israéliennes pour obtenir le désarmement du Hezbollah pro-iranien. Cette visite, la première d’un chef d’État libanais à Washington depuis 2009, intervient alors que les États-Unis parrainent depuis avril des négociations entre le Liban et Israël, et que l’application d’un accord sur le contrôle de « zones pilotes » dans le sud du pays vient d’être annoncée.

Une visite sous le signe du désarmement du Hezbollah

Selon des informations rapportées par Le Figaro, l’administration Trump fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah, une condition posée par Israël pour se retirer du sud du Liban. La rencontre entre Joseph Aoun et Donald Trump se déroule dans un climat de tensions régionales exacerbées, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a culminé en 2024, a profondément fragilisé l’équilibre déjà précaire du Liban. Le président libanais entendrait, selon des sources proches du dossier, demander à son homologue américain de faire pression sur Israël pour qu’il se retire complètement des territoires libanais occupés.

L’enjeu du désarmement du Hezbollah est d’autant plus crucial que le mouvement chiite, soutenu par l’Iran, est considéré par Washington comme une organisation terroriste et constitue, selon les termes de l’administration américaine, une menace directe pour la sécurité d’Israël. La question divise profondément la classe politique libanaise, où certains partis estiment que le Hezbollah doit conserver son arsenal pour « résister » à Israël, tandis que d’autres, notamment les forces hostiles à l’influence iranienne, réclament son intégration dans les seules forces armées régulières.

L’accord-cadre de juin et les « zones pilotes »

Les États-Unis, qui parrainent depuis avril des négociations entre le Liban et Israël, ont annoncé lundi le début d’application d’un accord confiant à l’armée libanaise le contrôle de « zones pilotes » dans le sud du pays. D’après des sources gouvernementales américaines citées par Le Figaro, ces zones choisies sont situées en bordure des régions contrôlées par l’armée israélienne depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah. L’établissement de ces « zones pilotes » est prévu par l’accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l’état de guerre entre eux.

Ce mécanisme vise à tester la capacité de l’armée libanaise à prendre le contrôle de zones sensibles, traditionnellement dominées par le Hezbollah, et à empêcher toute présence armée non étatique à proximité de la frontière israélienne. L’accord prévoit également un retrait progressif des forces israéliennes, conditionné à la démonstration par Beyrouth de sa capacité à désarmer les milices et à garantir la sécurité de la frontière. Toutefois, des observateurs estiment que l’armée libanaise, affaiblie par des années de crise économique et politique, pourrait ne pas être en mesure de remplir seule cette mission sans un soutien logistique et financier international conséquent.

Les implications régionales et les défis pour Beyrouth

La visite de Joseph Aoun à Washington intervient dans un contexte régional marqué par la montée en puissance des tensions entre les États-Unis et l’Iran, principal soutien du Hezbollah. Le dossier libanais s’inscrit ainsi dans une équation plus large, où le désarmement du Hezbollah est perçu par Washington comme un levier pour affaiblir l’influence iranienne au Moyen-Orient. Selon des analystes cités par Le Figaro, la pression américaine sur Beyrouth pourrait s’accentuer si aucun progrès significatif n’est constaté dans les semaines à venir.

Pour le président Joseph Aoun, l’enjeu est double : il doit à la fois répondre aux exigences de Washington et de Tel-Aviv, tout en maintenant un équilibre politique interne fragile. Le Liban, plongé dans une crise économique et politique sans précédent, dépend largement de l’aide internationale pour sa reconstruction. La question du désarmement du Hezbollah reste toutefois profondément clivante, et toute avancée sur ce front pourrait provoquer des tensions internes majeures, notamment avec les alliés du mouvement chiite au sein du gouvernement.

La rencontre de ce mardi à la Maison-Blanche pourrait donc marquer un tournant dans les relations entre le Liban et les États-Unis, mais aussi dans l’équilibre des forces au Moyen-Orient. Alors que l’accord-cadre de juin peine encore à être pleinement mis en œuvre, l’issue de ces discussions déterminera en grande partie la capacité de Beyrouth à restaurer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et à sortir de l’ornière de la guerre et de l’instabilité.