Grève à la SNCF : malaise social, ambiance anxiogène… pourquoi seulement un TGV sur trois est en circulation ce mercredi

Grève à la SNCF : malaise social, ambiance anxiogène… pourquoi seulement un TGV sur trois est en circulation ce mercredi Ce mercredi 10 juin, le trafic ferrovia
Grève à la SNCF : malaise social, ambiance anxiogène… pourquoi seulement un TGV sur trois est en circulation ce mercredi
Ce mercredi 10 juin, le trafic ferroviaire français est fortement perturbé par une grève nationale, avec seulement un TGV sur trois en circulation. Selon des informations rapportées par Midi Libre, ce mouvement social est porté par quatre syndicats qui dénoncent un profond malaise social au sein de l'entreprise, notamment lié aux filialisations et à une série de treize suicides depuis le début de l'année.
### Un appel à la grève unitaire
À l'origine de cette journée de mobilisation, une intersyndicale regroupant la CGT, Sud-Rail, l'UNSA et la CFDT a lancé un appel à la grève reconductible. D'après les sources syndicales, les revendications portent principalement sur la dénonciation des filialisations en cours, que les syndicats jugent responsables d'une dégradation des conditions de travail et d'une perte de sens pour les agents. Le contexte, décrit comme anxiogène par plusieurs représentants, serait également marqué par une hausse des tensions internes, avec treize suicides recensés depuis le début de l'année, un chiffre qui pourrait interpeller la direction sur la gestion des risques psychosociaux.
### Un trafic très fortement perturbé
En conséquence de ce mouvement, la SNCF a annoncé un plan de transport réduit pour ce mercredi. Seul un TGV sur trois est assuré sur l'ensemble du réseau, tandis que les trains régionaux (TER) et les Intercités connaissent également des perturbations significatives. Selon la direction, les prévisions de trafic pourraient être revues à la baisse en fonction de l'évolution de la mobilisation. Les voyageurs sont invités à reporter leurs déplacements ou à privilégier le covoiturage, tandis que le service minimum est activé dans certaines régions. Cette situation rappelle les grèves de 2018 contre la réforme ferroviaire, qui avaient paralysé le réseau pendant plusieurs semaines, mais avec un contexte social différent.
### Un malaise social de longue date
Le malaise social à la SNCF ne date pas d'hier. Depuis plusieurs années, les syndicats alertent sur les conséquences des réorganisations internes, des fermetures de guichets et de la pression commerciale croissante. Selon un rapport interne cité par Midi Libre, le taux d'absentéisme pour raisons psychologiques aurait augmenté de 15 % en deux ans. Les filialisations, qui consistent à externaliser certaines activités (maintenance, nettoyage, etc.), sont perçues comme une menace pour l'unité du service public et pour la protection sociale des agents. Ce contexte pourrait expliquer la radicalité de l'appel à la grève, qui intervient alors que les négociations annuelles obligatoires viennent de s'achever sans accord sur les salaires.
### Quelles perspectives ?
Alors que la journée de grève se déroule, les regards se tournent vers la direction de la SNCF, qui n'a pour l'instant pas répondu aux revendications syndicales. Selon des sources proches du dossier, des discussions pourraient être engagées dans les prochains jours si le mouvement prenait de l'ampleur. Cependant, l'ambiance anxiogène décrite par les syndicats et le nombre élevé de suicides pourraient contraindre la direction à prendre des mesures concrètes en matière de prévention des risques psychosociaux. L'issue de cette mobilisation dépendra sans doute de la capacité des parties à trouver un terrain d'entente, dans un contexte où la confiance semble profondément érodée.