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Grenoble : le concert de la DJ Barbara Butch interrompu après l’intervention d’une centaine de militants pro-palestiniens

Une · · Par Claire BERNARD

Grenoble : le concert de la DJ Barbara Butch interrompu après l’intervention d’une centaine de militants pro-palestiniens

Grenoble : le concert de la DJ Barbara Butch interrompu après l’intervention d’une centaine de militants pro-palestiniens Le concert de la DJ française Barbara

Grenoble : le concert de la DJ Barbara Butch interrompu après l’intervention d’une centaine de militants pro-palestiniens

Le concert de la DJ française Barbara Butch, programmé le 18 juillet au festival Cabaret Frappé à Grenoble, a été brutalement interrompu au bout d’une vingtaine de minutes par l’irruption d’une centaine de militants propalestiniens. Selon des informations rapportées par Ici Isère ce dimanche, l’artiste, devenue une cible récurrente des critiques depuis sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris en 2024, aurait été conspuée pour son soutien affiché à la loi Yadan, accusée par ses détracteurs de criminaliser la critique du gouvernement israélien.

Un événement sous haute tension

L’incident s’est déroulé dans une atmosphère particulièrement tendue, alors que Barbara Butch entamait son set. Les militants, scandant notamment « Barbara Butch de là ! », seraient parvenus à interrompre la prestation, forçant l’organisation du festival à suspendre le concert. Selon Le Figaro, qui relaie l’information, l’artiste était déjà la cible de menaces et de pressions depuis plusieurs semaines en raison de ses prises de position publiques. La loi Yadan, qu’elle soutient, est régulièrement dénoncée par des collectifs propalestiniens comme un outil de restriction de la liberté d’expression sur le conflit israélo-palestinien. Cette interruption s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des événements culturels en France, où des artistes se retrouvent parfois au cœur de polémiques politiques.

Le soutien de La France insoumise et les réactions politiques

Le boycott de la prestation de Barbara Butch aurait été soutenu par la section grenobloise de La France insoumise, selon les mêmes sources. Allan Brunon, élu insoumis à la ville de Grenoble, aurait ainsi déclaré, cité par Ici Isère : « C’est notre liberté d’expression de dire que nous ne sommes pas d’accord avec ça. Mais ce n’est pas madame Barbara Butch qui est censurée, ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd’hui dans notre pays. » Cette prise de position a suscité des réactions contrastées au sein de la majorité municipale. À l’inverse, Alexis Monge, adjoint à la vie culturelle de Grenoble, aurait justifié l’événement, bien que les détails précis de sa justification n’aient pas été entièrement divulgués. Cette fracture politique locale reflète les divisions nationales autour de la gestion des prises de position sur le conflit au Proche-Orient.

Des précédents et des enjeux de liberté d’expression

Cet incident n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, des artistes ou des personnalités publiques exprimant des opinions jugées pro-israéliennes ou, à l’inverse, propalestiniennes, se voient régulièrement la cible de pressions ou de boycotts. Barbara Butch, qui s’était fait connaître du grand public après sa participation à la parodie controversée de la Cène lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024, cristallise les tensions. La loi Yadan, du nom du député Meyer Yadan, vise à lutter contre l’antisémitisme et à criminaliser certaines formes de critiques d’Israël, ce que ses opposants considèrent comme une atteinte à la liberté d’expression. Pour les militants propalestiniens, le concert de Barbara Butch représentait une plateforme jugée incompatible avec leurs revendications, ce qui a motivé leur action directe.

Des interrogations sur l’avenir des festivals

L’interruption du concert de Barbara Butch soulève des questions sur la sécurisation des événements culturels et la liberté d’expression artistique. Alors que le festival Cabaret Frappé devait se poursuivre, l’organisation n’a pas encore communiqué officiellement sur les suites de cet incident. Les autorités locales, de leur côté, n’ont pas confirmé l’ouverture d’une enquête, mais la tension reste palpable à Grenoble. Ce type d’action, qui mêle militantisme politique et contestation culturelle, pourrait avoir des répercussions sur la programmation future de festivals dans la région, les organisateurs devant désormais composer avec des risques de perturbations accrues. L’équilibre entre le droit de manifester et la protection des artistes demeure un défi complexe pour les collectivités locales.