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Grèce: des attaques contre des cadres du parti conservateur au pouvoir font un mort et plusieurs blessés

Monde · · Par Claire BERNARD

Grèce: des attaques contre des cadres du parti conservateur au pouvoir font un mort et plusieurs blessés

Grèce : une série d’attaques coordonnées contre des cadres conservateurs fait un mort et plusieurs blessés à Thessalonique Un climat de tension sécuritaire s’es

Grèce : une série d’attaques coordonnées contre des cadres conservateurs fait un mort et plusieurs blessés à Thessalonique

Un climat de tension sécuritaire s’est abattu sur la ville de Thessalonique, dans le nord de la Grèce, ce mercredi 1er juillet. Trois attaques ciblées, menées de manière coordonnée contre les domiciles de responsables du parti conservateur au pouvoir, ont causé la mort d’une personne et blessé quatre autres. Selon des informations rapportées par RFI, les assaillants auraient utilisé des bombes artisanales, sans qu’aucune revendication officielle n’ait été émise à ce stade, bien que les autorités privilégient la piste de groupes d’extrême gauche.

Une opération minutieusement préparée

Les faits se sont déroulés en milieu de journée, dans plusieurs quartiers résidentiels de Thessalonique, la deuxième plus grande ville du pays. D’après des sources policières citées par RFI, des engins explosifs de fabrication artisanale ont été lancés contre les habitations de trois cadres locaux de Nea Dimokratia, le parti conservateur dirigé par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. L’une des attaques a été particulièrement meurtrière : un passant, qui se trouvait à proximité du domicile visé, a été tué sur le coup par l’explosion. Les quatre autres blessés, dont un responsable politique et des membres de sa famille, ont été transportés d’urgence vers des hôpitaux de la ville, où leur pronostic vital n’est, pour l’heure, pas engagé.

La coordination des trois assauts, survenus à quelques minutes d’intervalle, suggère une planification minutieuse. Les enquêteurs estiment que les auteurs ont pu bénéficier de repérages préalables et de moyens logistiques conséquents. Cette simultanéité, inhabituelle dans le paysage de la violence politique en Grèce, interroge sur la capacité d’organisation des groupes présumés.

Une piste d’extrême gauche privilégiée

Bien qu’aucune revendication n’ait encore été formulée, les autorités grecques orientent leurs investigations vers la mouvance d’extrême gauche radicale. Cette hypothèse s’appuie sur un précédent notable : en 2018 déjà, des attaques similaires avaient visé des responsables politiques et des journalistes à Athènes, perpétrées par des cellules anarchistes ou d’extrême gauche. Le mode opératoire — l’utilisation de bombes artisanales lancées depuis une moto ou un scooter — correspond à des techniques déjà observées dans le passé.

Le ministre de la Protection civile, interrogé par les médias locaux, a évoqué « un acte terroriste inacceptable contre la démocratie », tout en appelant à la prudence avant de conclure sur l’identité des auteurs. La police a lancé un appel à témoins et renforcé les mesures de sécurité autour des bâtiments publics et des permanences politiques à Thessalonique. Des patrouilles supplémentaires ont été déployées dans les quartiers sensibles, tandis que les fichiers des groupes radicaux sont passés au crible.

Un contexte politique tendu

Ces attaques surviennent dans un climat politique déjà marqué par des tensions sociales et économiques. La Grèce, qui se remet lentement de la crise financière et des conséquences de la pandémie de Covid-19, connaît une recrudescence des actes de violence politique depuis plusieurs mois. Des manifestations contre les réformes du gouvernement conservateur — notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé — ont parfois dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Par ailleurs, la présence de groupes anarchistes historiquement implantés dans les universités de Thessalonique et d’Athènes constitue un terreau fertile pour ce type d’actions.

Le parti Nea Dimokratia a immédiatement condamné ces « lâches attentats » et appelé à l’unité nationale face à la menace terroriste. Les principaux partis d’opposition, dont le SYRIZA (gauche radicale) et le PASOK (socialiste), ont également exprimé leur solidarité avec les victimes et leur soutien aux enquêteurs. Toutefois, des voix s’élèvent pour dénoncer une possible instrumentalisation politique de ces événements, alors que le gouvernement pourrait être tenté de durcir sa législation antiterroriste.

Enquête en cours et perspectives

Les services de renseignement grecs, en collaboration avec leurs homologues européens via Europol, ont été mobilisés pour identifier les auteurs de ces attaques. Les analyses balistiques et les relevés d’ADN sur les fragments d’explosifs devraient fournir des éléments déterminants dans les prochains jours. Par ailleurs, la police examine les images des caméras de surveillance des quartiers concernés, ainsi que les communications téléphoniques susceptibles d’avoir été interceptées.

Si la piste d’extrême gauche se confirme, elle raviverait le souvenir des années de plomb que la Grèce a connues dans les années 1970 et 1980, marquées par les actions de l’organisation terroriste « 17 Novembre ». Pour l’heure, les autorités appellent à la vigilance et à la coopération citoyenne, tandis que la ville de Thessalonique, endeuillée, tente de retrouver une forme de sérénité. L’issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions significatives sur la politique sécuritaire du pays, déjà sous pression face à la montée des extrémismes.