Gianni Infantino

La pression ne retombe pas sur Gianni Infantino. Le président de la Fifa, au cœur d'une vive polémique après le projet avorté de vente de parts de la Coupe du m
La pression ne retombe pas sur Gianni Infantino. Le président de la Fifa, au cœur d'une vive polémique après le projet avorté de vente de parts de la Coupe du monde 2026 à des fonds d'investissement privés, fait face à de nouvelles critiques, cette fois-ci en provenance directe du football espagnol. Javier Tebas, président de LaLiga, la ligue professionnelle espagnole, a officiellement réclamé le départ du dirigeant, estimant que le retrait du projet ne suffit pas à régler les problèmes de fond de l'instance.
### Une défiance persistante malgré le retrait
Le projet controversé, qui visait à céder des participations dans les droits commerciaux de la prochaine Coupe du monde à des investisseurs privés, a été officiellement abandonné par Gianni Infantino face au tollé général. Pourtant, pour Javier Tebas, cette décision tardive apparaît comme une simple manœuvre sans lendemain. Selon les informations rapportées par RMC Sport, le président de LaLiga considère que ce retrait ne résout en rien ce qu'il qualifie de « problème de gouvernance » au sein de la Fifa. Pour lui, la question n'est pas seulement celle du projet en lui-même, mais celle de la légitimité et de la méthode de la direction actuelle de l'instance faîtière du football mondial.
Cette prise de position espagnole s'ajoute à un concert de critiques déjà nourri. Les fédérations allemande et anglaise ont également haussé le ton, appelant à « garantir que le football mondial soit géré de façon transparente ». La France, elle aussi, fait partie des nations qui réclament des changements structurels profonds, estimant que le simple abandon du projet d'investissements privés ne suffit pas à restaurer la confiance. L'UEFA, de son côté, n'a pas mâché ses mots, en livrant une réaction qualifiée d'« assassine » par plusieurs observateurs après l'annonce du retrait.
### Une gouvernance contestée de toutes parts
Au-delà des fédérations nationales, la contestation s'étend désormais aux hautes sphères politiques. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a directement chargé le patron de la Fifa, le décrivant comme « la mauvaise personne » pour diriger l'organisation. Ces attaques convergentes, venues de l'Espagne, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France et de l'UEFA, dessinent un paysage où l'isolement de Gianni Infantino semble se renforcer. La Conmebol, confédération sud-américaine, a également adopté une position prudente, demandant « des informations supplémentaires » à la Fifa sur ce dossier, tout en plaçant la formule « le football avant tout » en étendard.
Face à cette défiance généralisée, une question se pose avec acuité : Infantino peut-il être destitué en cas d'échec de son projet ? Le retrait du plan d'investissement, s'il calme temporairement le jeu, ne dissipe pas les nuages qui s'amoncellent autour de la gouvernance de la Fifa. Les appels au départ se multiplient et la pression médiatique et institutionnelle ne faiblit pas. L'hypothèse d'une Coupe du monde sans les pays européens, évoquée par certains, semble lointaine mais témoigne de l'ampleur de la crise de confiance qui secoue le football mondial. La situation reste donc ouverte, et l'avenir de Gianni Infantino à la tête de la Fifa apparaît plus incertain que jamais.