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Georgia Meloni voulait carrément faire sauter les règles budgétaires européennes face au choc énergétique, Bruxelles accepte de les assouplir

Economie · · Par Julie MOREAU

Georgia Meloni voulait carrément faire sauter les règles budgétaires européennes face au choc énergétique, Bruxelles accepte de les assouplir

# Bruxelles accorde un assouplissement budgétaire limité face à la crise énergétique, un revers pour Meloni La Commission européenne a annoncé mercredi un assou

# Bruxelles accorde un assouplissement budgétaire limité face à la crise énergétique, un revers pour Meloni La Commission européenne a annoncé mercredi un assouplissement très encadré des règles budgétaires européennes pour permettre aux États membres de financer leur transition énergétique face au choc provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Un compromis qui constitue un revers pour la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, qui réclamait une exemption bien plus large de toutes les mesures exceptionnelles prises par les États. ## Un mécanisme d'exemption calibré sur le modèle des dépenses de défense La Commission européenne va autoriser les États membres à dépenser jusqu'à 0,3 % de leur produit intérieur brut (PIB) par an, dans une limite de 0,6 % au total jusqu'en 2028, pour financer des mesures visant à réduire le recours aux énergies fossiles, a précisé le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis, lors d'un point presse. Ces dépenses éligibles, réalisées depuis février dernier, incluent les aides au changement de chaudière, à l'installation de pompes à chaleur ou de panneaux solaires, ainsi que les primes pour les véhicules électriques. Ces investissements pourront être assimilés aux dépenses de défense, qui bénéficient déjà d'un mécanisme d'exemption pour aider les pays européens à financer leur réarmement. Ce cadrage strict vise à concilier la nécessité de soutenir la souveraineté énergétique à long terme avec le maintien de la discipline budgétaire, pierre angulaire du Pacte de stabilité et de croissance de l'UE. ## L'Italie face à un refus catégorique de Bruxelles Cet aménagement limité des règles budgétaires constitue un véritable revers pour Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien avait demandé que toutes les mesures exceptionnelles prises par les États membres face au choc énergétique soient exemptées du calcul du déficit public. L'Italie a notamment réduit les taxes sur les carburants afin de tenter de limiter la hausse des prix de l'essence et du diesel, une mesure qui sera bien prise en compte dans le calcul de son déficit public. Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, la Commission européenne a rejeté tout assouplissement général des règles du Pacte de stabilité et de croissance, préconisant plutôt des mesures de soutien "temporaires et ciblées". Cette position ferme illustre la volonté de Bruxelles de ne pas fragiliser l'édifice budgétaire européen, tout en reconnaissant la nécessité d'accompagner les États dans leur transition énergétique. ## Un équilibre fragile entre soutien économique et discipline budgétaire Les règles budgétaires de l'UE, connues sous le nom de Pacte de stabilité et de croissance, ont été créées pour garantir la solidité budgétaire des États membres et les inciter à limiter leur endettement. La décision de la Commission européenne d'autoriser un assouplissement très encadré, plutôt qu'une exemption générale comme le réclamait l'Italie, témoigne de la difficulté à concilier les impératifs de court terme liés à la crise énergétique avec les objectifs de long terme de discipline budgétaire. Ce compromis pourrait néanmoins ouvrir la voie à des discussions plus larges sur la flexibilité des règles budgétaires face aux crises futures, alors que les tensions géopolitiques et les défis climatiques exigent des réponses coordonnées et ambitieuses de la part des États membres.