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Georges Fornay, directeur général délégué de Qobuz – 01/07

Economie · · Par Julie MOREAU

Georges Fornay, directeur général délégué de Qobuz – 01/07

Qobuz mise sur la qualité audio et l’expertise pour se démarquer dans le streaming musical Sur le plateau de l’émission Tech & Co, la quotidienne de BFM Busines

Qobuz mise sur la qualité audio et l’expertise pour se démarquer dans le streaming musical

Sur le plateau de l’émission Tech & Co, la quotidienne de BFM Business, ce mercredi 1er juillet, Georges Fornay, directeur général délégué de Qobuz, a détaillé les ressorts du retour en force de la plateforme française de streaming musical. Alors que le marché est dominé par des géants comme Spotify, Apple Music ou Amazon Music, Qobuz capitalise sur un positionnement haut de gamme, axé sur la haute résolution audio et une approche éditoriale distinctive. Selon les propos rapportés par François Sorel, l’animateur de l’émission, cette stratégie permettrait au service de se tailler une part de marché significative auprès des audiophiles et des mélomanes exigeants, un segment souvent délaissé par les concurrents généralistes.

La haute résolution comme étendard

Georges Fornay a insisté sur le fait que Qobuz s’adresse à un public prêt à payer pour une expérience sonore supérieure. Le service propose ainsi un catalogue de plus de 100 millions de titres en qualité CD (16 bits / 44,1 kHz) et, pour une large partie, en haute résolution allant jusqu’au 24 bits / 192 kHz. Cette offre, qui repose sur des codecs sans perte comme le FLAC, est présentée comme un argument différenciant face aux formats compressés majoritaires sur les autres plateformes. Le dirigeant a également évoqué l’importance des partenariats avec des fabricants de matériel audio haut de gamme, permettant une intégration native de l’application dans les enceintes connectées et les DAC (convertisseurs numérique-analogique). Cette approche technique, couplée à un abonnement sans publicité, vise à fidéliser une clientèle prête à débourser entre 10 et 20 euros par mois, selon les formules.

Un retour porté par une stratégie éditoriale

Au-delà de la technique, la plateforme mise sur un contenu rédactionnel riche. Georges Fornay a souligné que Qobuz emploie une équipe de journalistes et de critiques musicaux, chargés de produire des articles, des interviews et des playlists thématiques. Ce service éditorial, accessible sans supplément, vise à recréer le lien perdu entre l’auditeur et la musique, à l’image des magazines spécialisés d’antan. Cette approche contraste avec les algorithmes de recommandation purement automatisés des concurrents. Le directeur général délégué a estimé que ce contenu de qualité permet à Qobuz de se positionner comme un « guide » plutôt qu’un simple distributeur, attirant ainsi les utilisateurs en quête de découvertes approfondies. Ce positionnement, bien que de niche, semble porter ses fruits : la plateforme aurait enregistré une croissance de ses abonnés de près de 30 % sur les douze derniers mois, selon des chiffres évoqués lors de l’interview.

Un modèle économique sous tension

Cependant, le modèle de Qobuz n’est pas exempt de défis. Le coût élevé des licences pour la haute résolution, combiné à la nécessité de rémunérer les artistes et les labels, pèse sur les marges. Georges Fornay a reconnu que la rentabilité reste un objectif à atteindre, même si la société, fondée en 2007 et rachetée par le groupe Xandrie en 2015, a réussi à réduire ses pertes d’année en année. Le dirigeant a également évoqué la concurrence des offres groupées (bundles) proposées par les opérateurs télécoms ou les géants du numérique, qui pourraient menacer la croissance du service. Pour y faire face, Qobuz explore des pistes de diversification, comme l’intégration de ses services dans des offres d’abonnement culturel ou des partenariats avec des salles de concert. L’enjeu est de taille : transformer un public de passionnés en une base d’abonnés suffisamment large pour assurer la viabilité à long terme.

Perspectives pour le marché français

L’interview de Georges Fornay sur BFM Business intervient dans un contexte où le streaming musical représente désormais plus de 80 % du marché mondial de la musique enregistrée, selon des données de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI). En France, Qobuz revendique plusieurs centaines de milliers d’abonnés, un chiffre modeste face aux dizaines de millions de Spotify, mais qui confirme l’existence d’une niche rentable. Le directeur général délégué a conclu en affirmant que le service continuerait à investir dans l’innovation technique et le contenu éditorial, tout en gardant un œil sur les évolutions réglementaires, notamment concernant la rémunération des artistes. Si la route vers la rentabilité reste semée d’embûches, Qobuz semble avoir trouvé une voie singulière dans un marché ultra-concurrentiel, portée par une promesse de qualité et d’expertise qui séduit une communauté d’auditeurs exigeants.