Gel des pensions de retraite, du barème de l'impôt sur le revenu et des prestations sociales... François Bayrou estime que l'année blanche sera "nécessaire" pour redresser la situation budgétaire

## François Bayrou remet sur la table l'« année blanche » pour 2026 Invité sur RMC et BFMTV, l'ancien Premier ministre François Bayrou a réaffirmé la nécessité
## François Bayrou remet sur la table l'« année blanche » pour 2026
Invité sur RMC et BFMTV, l'ancien Premier ministre François Bayrou a réaffirmé la nécessité d'une « année blanche » pour redresser les finances publiques françaises. Selon lui, cette mesure, qui gèlerait pensions de retraite, prestations sociales et barème de l'impôt sur le revenu, serait « nécessaire » face à un déficit public attendu au-dessus de 5 % du PIB en 2026.
## Un plan déjà présenté en juillet 2025
François Bayrou n'en est pas à sa première tentative. Lorsqu'il occupait Matignon, il avait intégré cette « année blanche » à son plan de redressement des finances publiques présenté en juillet 2025. Le principe était simple : maintenir au niveau de 2025 les retraites de base, les prestations sociales et les barèmes de l'impôt sur le revenu, sans les revaloriser en fonction de l'inflation. Ce gel devait rapporter environ 7 milliards d'euros, constituant l'un des principaux leviers d'un plan global de près de 44 milliards d'euros. L'objectif affiché était de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB. Le projet n'avait toutefois jamais été appliqué tel quel, la chute du gouvernement Bayrou ayant interrompu sa mise en œuvre.
## Une approche « globale » et « universelle »
L'ancien chef du gouvernement insiste sur le caractère collectif de l'effort à fournir. « Il faut une approche globale, générale, universelle, des efforts à faire et des priorités qu'on choisit », a-t-il déclaré sur RMC et BFMTV. Il juge « illusoire » de régler la situation en ciblant uniquement « telle ou telle catégorie particulière pour la faire payer plus ». Cette position traduit une volonté de répartir la charge sur l'ensemble de la population plutôt que sur quelques segments isolés, une approche qu'il présente comme plus équitable et plus efficace face à l'ampleur du déficit.
## Travailler plus : la proposition des deux jours fériés
François Bayrou a également remis sur la table sa proposition de supprimer deux jours fériés. « J'avais proposé un effort supplémentaire en termes de jours de travail dans l'année », a-t-il rappelé, avant d'assumer : « Je dis "il va falloir travailler plus". Je sais bien que ce n'est pas la mode de le dire, je sais bien que toutes les démagogies... ». Cette mesure, déjà évoquée lors de son passage à Matignon, vise à augmenter le volume de travail annuel pour stimuler les recettes publiques et la croissance. Elle s'inscrit dans une logique de partage de l'effort qui complète le gel des dépenses sociales et fiscales.
## Un débat budgétaire sous tension
La situation budgétaire française reste préoccupante. Avec un déficit qui devrait demeurer supérieur à 5 % du PIB en 2026, les marges de manœuvre sont limitées. La question d'une trajectoire encore tenable fait débat, comme en témoignent les analyses des spécialistes. François Bayrou plaide pour un effort « rapide, massif et collectif », estimant qu'attendre ne ferait qu'aggraver la situation. Sa prise de position intervient dans un contexte où la recherche d'économies structurelles reste au cœur des discussions budgétaires, sans qu'aucune décision définitive n'ait été actée à ce stade.
La résurgence de ces propositions dans le débat public relance la question de l'acceptabilité sociale d'un gel généralisé des prestations et d'un allongement du temps de travail. Si François Bayrou présente ces mesures comme inévitables, leur application effective dépendra des arbitrages politiques à venir et de la capacité du gouvernement en place à dégager une majorité sur un sujet aussi sensible.