Gangs napolitains, technique du rétroviseur et prise de judo : la grande traque des voleurs de montres de luxe

À Paris, l'agression d'un lieutenant de la garde royale saoudienne, dans la nuit du 22 au 23 août, quelques heures seulement avant la rencontre à l'Élysée entre
À Paris, l'agression d'un lieutenant de la garde royale saoudienne, dans la nuit du 22 au 23 août, quelques heures seulement avant la rencontre à l'Élysée entre le prince héritier Mohammed Ben Salman et le président Emmanuel Macron, illustre l'intensité d'un phénomène qui ne faiblit pas : le vol de montres de luxe. Selon les informations rapportées par Le Figaro, la victime, abordée vers 2 heures du matin boulevard Haussmann, a été surprise par un homme surgi dans son dos qui a tenté de l'étrangler avant de dégainer une arme à feu et de se faire remettre une montre Cartier en argent ainsi qu'une chaîne en or. Choqué mais indemne, le garde du corps a pu relever la plaque d'immatriculation du véhicule utilisé par le fuyard, un homme de 40 ans interpellé à Carrières-sur-Seine, dans les Yvelines.
## Une mécanique criminelle bien rodée
D'après les éléments relayés par Le Figaro, les auteurs de ces vols ne relèvent pas de la délinquance opportuniste. Des gangs napolitains sont régulièrement mis en cause, selon la même source, dans une série de faits commis à Paris, Cannes ou Bordeaux. Le mode opératoire, décrit comme mêlant ruse et ultraviolence, reposerait sur plusieurs techniques éprouvées, notamment celle dite du rétroviseur : le voleur, à scooter ou à pied, repère sa cible à l'arrêt, souvent à un feu rouge ou devant un établissement hôtelier, et exploite un bref instant d'inattention pour arracher le bien avant de disparaître. La prise de judo, évoquée dans le titre de l'enquête, désignerait quant à elle une technique d'immobilisation rapide permettant de neutraliser la victime sans éveiller immédiatement l'attention des passants.
## Des montres pouvant atteindre 500 000 euros
L'enjeu financier expliquerait l'intensité de cette criminalité. Toujours selon Le Figaro, la valeur des pièces d'horlogerie dérobées peut atteindre jusqu'à 500 000 euros. Ce niveau de prix confère à chaque vol une rentabilité exceptionnelle, d'autant plus que les montres de luxe bénéficient d'un marché de revente international difficile à tracer. Les métropoles touristiques et les quartiers d'affaires concentrent dès lors les risques, les victimes étant souvent des personnalités étrangères, des chefs d'entreprise ou des touristes fortunés, dont la discrétion relative facilite l'approche des malfaiteurs.
## La police renforce son dispositif
Face à ce fléau, les forces de l'ordre ont musclé leur réponse. La Sûreté territoriale de Paris, forte de 190 policiers selon les chiffres cités par Le Figaro, mobilise toute sa force de frappe pour remonter les pistes des voleurs et démanteler les réseaux. Les résultats, présentés comme tangibles par la même source, reposent notamment sur l'exploitation des images de vidéosurveillance, des plaques d'immatriculation relevées par les victimes et du renseignement territorial. L'interpellation rapide du suspect dans les Yvelines, après le vol commis boulevard Haussmann, témoigne de cette réactivité accrue, même si les enquêteurs reconnaissent que la mobilité des équipes et leur dispersion géographique compliquent le travail d'identification.
## Un phénomène aux ramifications internationales
Le caractère transfrontalier de ces réseaux constitue une difficulté supplémentaire. La mention récurrente de filières napolitaines, rapportée par Le Figaro, suggère une organisation structurée, capable d'écouler rapidement les pièces volées hors des frontières françaises. Cette dimension pourrait expliquer la persistance du phénomène malgré les interpellations, les commanditaires demeurant souvent hors d'atteinte. La coopération européenne, notamment via Europol, apparaît dès lors comme un levier déterminant pour tarir les circuits de revente, dont l'opacité profite aux réseaux.
La traque des voleurs de montres de luxe s'inscrit ainsi dans un effort de longue haleine, où la technicité des malfaiteurs répond à la montée en puissance des dispositifs policiers. Si les interpellations se multiplient, la question du démantèlement des filières internationales, en amont de la revente, reste posée.