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Gabriel Zucman, Thomas Piketty, Emmanuel Saez... Ces économistes idéologues qui réécrivent le logiciel du PS et de LFI

Une · · Par Claire BERNARD

Gabriel Zucman, Thomas Piketty, Emmanuel Saez... Ces économistes idéologues qui réécrivent le logiciel du PS et de LFI

Le 25 août 2026, le quotidien Le Figaro a publié une enquête signée Richard Flurin et Anne de Guigné, consacrée à l’influence croissante de trois économistes fr

Le 25 août 2026, le quotidien *Le Figaro* a publié une enquête signée Richard Flurin et Anne de Guigné, consacrée à l’influence croissante de trois économistes français sur la ligne programmatique des partis de gauche, en France comme à l’étranger. L’article, intitulé « Gabriel Zucman, Thomas Piketty, Emmanuel Saez... Ces économistes idéologues qui réécrivent le logiciel du PS et de LFI », dresse le portrait d’une génération de chercheurs dont les travaux sur la fiscalité des hauts patrimoines irriguent désormais les débats politiques au plus haut niveau. ### Une influence qui dépasse les frontières Selon les informations rapportées par *Le Figaro*, Gabriel Zucman, Thomas Piketty et Emmanuel Saez conseilleraient depuis plusieurs années des formations politiques de gauche en Europe et aux États-Unis. Leur objectif commun, martelé dans leurs ouvrages respectifs, consisterait à instaurer une taxation progressive et significative du patrimoine des ménages les plus aisés. D’après les auteurs de l’enquête, leurs espoirs immédiats se concentreraient sur deux terrains d’expérimentation : la Californie, où une proposition de taxe sur la fortune pourrait être soumise au vote, et la France, où les partis de gauche chercheraient à renouveler leur logiciel économique. Le journal souligne que ces économistes auraient franchi un cap en matière d’engagement partisan. Si leurs travaux académiques restent rigoureux, leur implication dans la sphère politique serait désormais assumée et visible. Cette porosité entre recherche universitaire et militantisme politique interroge, selon la publication, la neutralité scientifique de leurs conclusions. ### Une filiation intellectuelle assumée L’article de *Le Figaro* établit un parallèle avec la fiction pour illustrer la notoriété de ces chercheurs. Le roman *Paresse pour tous* d’Hadrien Klent, publié aux Éditions Le Tripode, met en scène un économiste normalien devenu célèbre grâce à un ouvrage intitulé *Le Droit à la paresse au XXIe siècle*. Une référence à peine voilée au *Capital au XXIe siècle* de Thomas Piketty, écoulé, selon les chiffres cités par le quotidien, à 2,5 millions d’exemplaires. Dans le récit, le personnage principal se présente à l’élection présidentielle avec une mesure phare : la semaine de 15 heures de travail salarié. Dans le monde réel, le combat de ces économistes se concentrerait sur la ponction des hauts patrimoines, mais la dimension politique et le goût pour l’engagement partisan seraient bien réels, affirment les auteurs. Cette trajectoire, qui mène du laboratoire de recherche aux états-majors politiques, témoignerait d’une évolution notable dans la manière dont les idées économiques circulent et s’imposent dans le débat public. ### Des propositions qui structurent le débat français En France, l’influence de ces travaux serait particulièrement perceptible au sein du Parti socialiste et de La France insoumise. Selon l’enquête, plusieurs propositions fiscales récentes portées par ces formations s’inspireraient directement des modélisations de Zucman, Piketty et Saez. La création d’un impôt sur la fortune à assiette élargie, la taxation des flux financiers ou encore la mise en place d’un registre mondial des actifs figurent parmi les mesures récurrentes issues de leurs recherches. Les auteurs de l’article notent toutefois que cette influence ne fait pas l’unanimité, y compris au sein de la gauche. Certains élus et économistes proches de ces partis exprimeraient des réserves sur la faisabilité technique de ces dispositifs, notamment en matière de coopération internationale. La question de l’évasion fiscale et de la concurrence entre États demeurerait un obstacle majeur à la mise en œuvre concrète de ces réformes. ### Une trajectoire qui interroge la frontière entre science et idéologie Au-delà des mesures elles-mêmes, c’est la méthode qui retient l’attention du *Figaro*. Le quotidien s’interroge sur la frontière entre expertise académique et engagement idéologique. Les trois économistes, tous passés par de grandes institutions universitaires, publieraient leurs travaux dans des revues à comité de lecture tout en participant activement à des campagnes politiques. Cette double casquette, si elle n’est pas nouvelle, prendrait une ampleur inédite à l’heure où les réseaux sociaux et les plateformes de diffusion directe permettent de toucher un large public sans filtre médiatique. L’enquête rappelle également que ces chercheurs bénéficient d’une audience internationale, notamment aux États-Unis où Emmanuel Saez et Gabriel Zucman enseignent dans des universités de premier plan. Leur capacité à influencer les débats au-delà des frontières françaises constituerait un atout majeur pour les formations politiques qui s’appuient sur leurs travaux. ### Une perspective qui reste ouverte Alors que les échéances électorales françaises de 2027 se profilent, la question de l’héritage intellectuel de ces économistes dans les programmes de gauche pourrait s’avérer déterminante. Selon plusieurs observateurs cités par le quotidien, la confrontation entre les impératifs de rigueur budgétaire et les ambitions redistributives portées par ces chercheurs constituerait l’un des arbitrages centraux des prochains mois. L’évolution de la conjoncture économique, marquée par une dette publique élevée et des marges de manœuvre budgétaires limitées, pourrait toutefois contraindre les partis à adapter leurs promesses. La traduction concrète de ces idées dans la loi dépendra, in fine, des rapports de force politiques et de la capacité des gouvernements à négocier des accords internationaux en matière fiscale.