Gabriel Attal promet 100.000 départs volontaires de fonctionnaires et l'«impunité budgétaire zéro» en cas de victoire en 2027

# Gabriel Attal promet 100.000 départs volontaires de fonctionnaires et l'«impunité budgétaire zéro» en cas de victoire en 2027 C'est un pari audacieux que lanc
# Gabriel Attal promet 100.000 départs volontaires de fonctionnaires et l'«impunité budgétaire zéro» en cas de victoire en 2027
C'est un pari audacieux que lance le candidat macroniste à la présidentielle. Alors que la question des finances publiques s'impose comme l'un des enjeux centraux de la campagne pour 2027, Gabriel Attal a dévoilé jeudi 2 juillet 2026, dans un entretien au Parisien, un plan ambitieux visant à ramener l'équilibre budgétaire en dix ans. Parmi les mesures phares : la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires via des départs volontaires et l'instauration d'une «impunité zéro» pour les ministres responsables de dérapages budgétaires. Une stratégie qui vise à le distinguer de son concurrent direct au sein du bloc central, Édouard Philippe.
## Une promesse de rigueur budgétaire sans austérité
Gabriel Attal s'efforce de dissiper toute confusion autour de sa politique budgétaire. «Il ne s'agit pas d'austérité mais d'être rigoureux et sérieux», assure-t-il, selon les propos rapportés par Le Figaro avec l'AFP. Le candidat Renaissance propose un plan de retour à l'équilibre des finances publiques étalé sur dix ans, avec un objectif intermédiaire de «3% avant 2032» pour le déficit public. Cette trajectoire, potentiellement plus tardive que les engagements européens de la France, vise à «convaincre la Commission européenne que c'est la bonne voie», selon les termes employés par l'ancien Premier ministre.
Cette annonce intervient dans un contexte où le déficit public français avoisine les 5% du PIB, un niveau qui suscite l'inquiétude des partenaires européens et des marchés financiers. La promesse d'Attal, bien que moins ambitieuse que celle d'Édouard Philippe qui vise 2% du PIB à la fin du quinquennat en 2032, se veut pragmatique et réaliste.
## La fonction publique en ligne de mire
Le volet le plus frappant de ce plan concerne la fonction publique. Gabriel Attal promet la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires, exclusivement via des départs volontaires. Cette mesure, qui s'inscrit dans une volonté de rationalisation des dépenses publiques, pourrait concerner l'ensemble des trois fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière). Le candidat mise sur des incitations au départ plutôt que sur des suppressions de postes contraintes, une approche qui pourrait limiter les tensions sociales tout en réalisant des économies substantielles.
Cette proposition intervient dans un contexte où la masse salariale de l'État représente l'un des principaux postes de dépenses publiques. Les syndicats de fonctionnaires, régulièrement consultés par les différents candidats, n'ont pas encore réagi officiellement à cette annonce.
## Une «impunité budgétaire zéro» pour les ministres
Autre mesure choc : l'instauration d'une «impunité zéro» pour les ministres responsables de dérapages budgétaires. Gabriel Attal propose un mécanisme de responsabilisation individuelle des membres du gouvernement en cas de non-respect des plafonds de dépenses fixés. Cette disposition, inédite dans le paysage politique français, viserait à instaurer une culture de la rigueur au sein de l'exécutif.
Cette proposition pourrait être perçue comme une réponse aux critiques récurrentes sur la gestion des finances publiques sous les précédents quinquennats, marqués par des déficits persistants. Elle témoigne également d'une volonté de rompre avec les pratiques antérieures et d'incarner une nouvelle gouvernance budgétaire.
## Un duel au sein du bloc central
Ces annonces s'inscrivent dans un contexte de compétition au sein du camp macroniste. Gabriel Attal et Édouard Philippe, tous deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron, briguent l'investiture pour la présidentielle de 2027. Leurs propositions budgétaires respectives, dévoilées à deux jours d'intervalle, illustrent des approches différentes : Philippe se montre plus ambitieux sur le calendrier de réduction du déficit, tandis qu'Attal mise sur des mesures structurelles comme la réduction des effectifs de la fonction publique.
Les deux candidats doivent s'exprimer aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, un rendez-vous traditionnel de la rentrée politique qui permettra de confronter leurs visions économiques. Ce duel fratricide au sein du bloc central pourrait déterminer l'orientation de la campagne présidentielle à venir.
## Un pari risqué pour l'avenir
La promesse de Gabriel Attal repose sur un équilibre délicat : réduire la dépense publique sans provoquer de réaction sociale, tout en maintenant la confiance des partenaires européens. Le chiffre de 100.000 suppressions de postes, bien que moins élevé que certaines propositions passées (notamment celle de François Fillon en 2017), reste ambitieux dans un contexte où la fonction publique a déjà subi des coupes budgétaires ces dernières années.
Reste à savoir si ces annonces parviendront à convaincre les électeurs et à distinguer durablement Gabriel Attal de son concurrent Édouard Philippe. La campagne présidentielle ne fait que commencer, et les questions budgétaires s'annoncent comme l'un des terrains d'affrontement privilégiés entre les différents candidats.