«Fuir était la seule décision juste» : des centaines de cas de désertion de soldats ukrainiens en formation en Allemagne

«Fuir était la seule décision juste» : des centaines de cas de désertion de soldats ukrainiens en formation en Allemagne Des centaines de soldats ukrainiens env
«Fuir était la seule décision juste» : des centaines de cas de désertion de soldats ukrainiens en formation en Allemagne
Des centaines de soldats ukrainiens envoyés en Allemagne pour y suivre un entraînement militaire auraient déserté leurs centres de formation, selon une enquête du journal allemand Die Zeit rapportée par Le Figaro le 21 août 2026. Ces défections, qui concerneraient des hommes mobilisés de force en Ukraine, mettent en lumière les tensions croissantes au sein des forces armées ukrainiennes et les limites du dispositif d'entraînement mis en place par les alliés occidentaux.
Un phénomène massif documenté par la presse allemande
D'après les informations relayées par nos confrères du Figaro, l'enquête de Die Zeit documente un nombre important de cas de soldats ukrainiens quittant leurs unités pendant leur séjour en Allemagne. Le centre d'entraînement d'Altengrabow, situé en Saxe-Anhalt, serait l'un des principaux sites concernés par ces départs. Ce centre fait partie d'un vaste réseau de formation établi sur le sol allemand pour préparer les troupes ukrainiennes aux opérations de combat contre l'invasion russe. Le phénomène, bien que non officiellement chiffré par les autorités militaires, est décrit comme « considérable » par les sources allemandes, suggérant une crise de confiance profonde parmi certains contingents mobilisés.
Le parcours emblématique de Volodymyr Shulgin
L'enquête de Die Zeit s'attarde notamment sur le cas de Volodymyr Shulgin, un homme de 39 ans originaire de Dnipro, écrivain avant le déclenchement de la guerre. Selon le récit rapporté, Shulgin aurait tout fait pour éviter la mobilisation face à l'invasion russe à grande échelle. Fin janvier 2026, il est contrôlé dans la rue par une patrouille militaire. « Les agents du bureau militaire voulaient voir les papiers de Shulgin pour vérifier s'il avait bien enregistré son adresse dans une base de données militaire et s'il était exempté du service militaire. Ce n'était pas le cas », précisent les journalistes allemands. Emmené dans une camionnette, il se voit signifier qu'il doit effectuer son temps dans l'armée. En février, il est transféré en Allemagne, à Altengrabow, où il aurait subi des violences de la part d'un sous-officier avant de prendre la fuite.
Des conditions d'entraînement contestées
Le cas de Volodymyr Shulgin, qui affirme que « fuir était la seule décision juste », n'est pas isolé selon l'enquête allemande. Les témoignages recueillis par Die Zeit évoquent des conditions d'entraînement difficiles, des tensions entre les soldats mobilisés de force et les cadres militaires, ainsi que des cas de mauvais traitements. Ces éléments pourraient expliquer en partie le nombre élevé de désertions observées dans les centres de formation allemands. Toutefois, il semblerait que les autorités ukrainiennes et allemandes peinent à endiguer ce phénomène, qui pourrait avoir des conséquences sur la capacité de l'Ukraine à maintenir ses effectifs militaires face à la pression russe.
Des implications diplomatiques et militaires
Cette situation soulève des questions sur l'efficacité des programmes d'entraînement alliés et sur la gestion de la mobilisation en Ukraine. La désertion de centaines de soldats en Allemagne représente un défi logistique et diplomatique pour Kiev, qui doit à la fois justifier la mobilisation forcée et maintenir la confiance de ses partenaires occidentaux. Les autorités allemandes, de leur côté, se trouveraient dans une position délicate, devant gérer des défections sur leur sol tout en poursuivant leur soutien militaire à l'Ukraine. Selon des sources proches du dossier, des discussions seraient en cours pour renforcer l'encadrement des soldats ukrainiens en formation et prévenir de nouvelles désertions, sans que des mesures concrètes n'aient été officiellement annoncées à ce stade.