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Frédéric Rieu (Unica) : Unica, démolition et dépollution - 21/07

Economie · · Par Julie MOREAU

Frédéric Rieu (Unica) : Unica, démolition et dépollution - 21/07

Frédéric Rieu (Unica) : Unica, un acteur spécialisé dans la démolition et la dépollution, a récemment fait l’objet d’un entretien sur BFM Business. L’entreprise

Frédéric Rieu (Unica) : Unica, un acteur spécialisé dans la démolition et la dépollution, a récemment fait l’objet d’un entretien sur BFM Business. L’entreprise se positionne sur un marché en forte croissance, porté par les exigences réglementaires environnementales et la rénovation urbaine. Ce segment d’activité, qui combine des compétences techniques pointues et une conformité stricte aux normes, attire l’attention des investisseurs et des collectivités.

Un marché en pleine mutation

Le secteur de la démolition et de la dépollution connaît une transformation profonde, notamment sous l’impulsion des réglementations européennes et françaises. Selon les informations disponibles, Unica intervient dans des opérations de déconstruction sélective, où le tri des matériaux et la gestion des déchets dangereux sont devenus des enjeux centraux. Les entreprises doivent désormais justifier d’un savoir-faire spécifique pour traiter l’amiante, les sols pollués ou les structures métalliques contaminées. Frédéric Rieu, dirigeant d’Unica, a souligné lors de son intervention que la demande pour ces prestations est tirée par les projets de réhabilitation de friches industrielles et la densification des centres-villes. Le marché français de la dépollution représenterait plusieurs centaines de millions d’euros, avec un taux de croissance annuel estimé entre 5 % et 7 % selon les segments. Unica, en se spécialisant, cherche à capter une part de cette dynamique, en misant sur des équipements modernes et une main-d’œuvre qualifiée.

Des défis techniques et réglementaires

La dépollution, en particulier, impose des contraintes techniques élevées. L’intervention de Frédéric Rieu a mis en lumière les difficultés liées à la gestion des sites historiquement pollués, comme les anciennes usines ou les terrains militaires. Les protocoles de décontamination exigent des études préalables approfondies, parfois sur plusieurs mois, avant le début des travaux. Unica doit également composer avec une réglementation évolutive, notamment sur les seuils de pollution acceptables et les modalités de stockage des déchets. Le coût de ces opérations peut varier considérablement : une dépollution de sols aux hydrocarbures peut atteindre 50 à 150 euros par tonne, selon la nature du polluant et la profondeur traitée. L’entreprise doit aussi gérer la logistique de chantiers souvent situés en zones urbaines denses, où les nuisances sonores et les restrictions de circulation compliquent l’exécution. Ces défis expliquent pourquoi le secteur reste dominé par des acteurs spécialisés, capables de mobiliser des ressources importantes.

Une stratégie de croissance ciblée

Pour se développer, Unica semble miser sur une approche de niche, en se concentrant sur des projets de taille moyenne à grande, où la valeur ajoutée est plus élevée. L’entretien avec Frédéric Rieu a évoqué la nécessité de recruter des profils techniques, notamment des ingénieurs en environnement et des chefs de chantier expérimentés, une ressource rare sur le marché du travail. L’entreprise pourrait également explorer des partenariats avec des promoteurs immobiliers ou des collectivités locales, afin de sécuriser un carnet de commandes sur plusieurs années. La digitalisation des processus, via des logiciels de suivi des déchets ou de modélisation 3D des structures à démolir, constitue un autre axe d’investissement. Dans un contexte où les délais de paiement des clients publics peuvent être longs, la trésorerie reste un point de vigilance pour les PME du secteur. Unica devra donc conjuguer croissance des volumes et maîtrise des risques financiers pour pérenniser son modèle.

Perspectives et enjeux à moyen terme

À l’avenir, le marché de la démolition et de la dépollution devrait continuer à bénéficier de la transition écologique et de la raréfaction des terrains constructibles. Les obligations de recyclage des matériaux de construction, fixées par la loi de transition énergétique, renforcent la demande pour des prestations de déconstruction fine. Unica, en se positionnant sur ce créneau, pourrait voir son activité se diversifier vers le réemploi de matériaux, un segment encore émergent mais prometteur. Toutefois, la concurrence s’intensifie, avec l’arrivée de grands groupes du BTP qui internalisent ces compétences. La capacité d’Unica à innover, à former ses équipes et à maintenir des standards de sécurité élevés sera déterminante. Les prochains mois permettront de juger de la concrétisation de cette stratégie, dans un environnement économique marqué par la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières.