François Pierrard : « Pourquoi les agences publiques échappent-elles au débat budgétaire ? »

D'après une tribune publiée par Le Figaro le 15 octobre 2026, François Pierrard, directeur et fondateur de l'observatoire statistique Hexagone, interpelle les p
D'après une tribune publiée par Le Figaro le 15 octobre 2026, François Pierrard, directeur et fondateur de l'observatoire statistique Hexagone, interpelle les pouvoirs publics sur un angle mort du débat budgétaire français : les agences publiques et parapubliques. Alors que la séquence annuelle du budget vient de s'ouvrir, marquée par la recherche récurrente d'économies qualifiées par l'auteur de « bouts de chandelle », cette question resterait, selon lui, largement absente des discussions parlementaires et gouvernementales.
## Un constat ancien, une mise en œuvre incertaine
François Pierrard s'appuie notamment sur une déclaration d'Édouard Philippe remontant à mai 2019. L'ancien Premier ministre évoquait alors devant l'Assemblée nationale plus de 1 200 établissements, organismes et agences « complétant ou démembrant l'action publique », appelant à une revue complète destinée à vérifier si leur existence restait « toujours justifiée ». Selon l'auteur de la tribune, cet objectif annoncé n'aurait pas débouché sur une remise à plat d'ampleur comparable aux enjeux financiers concernés.
## Une « agencification » aux effets contrastés
D'après François Pierrard, cette « agencification » de l'État combinerait « les pires travers de la gestion publique ». Il estime que ces structures, souvent présentées comme des outils de modernisation et de souplesse administrative, brouilleraient en réalité la lisibilité de la décision publique et échapperaient à un contrôle budgétaire aussi rigoureux que celui appliqué aux administrations centrales. Cette critique rejoint un débat de fond, régulièrement nourri par la Cour des comptes, sur la multiplicité des opérateurs de l'État et l'empilement des missions.
## Un enjeu financier difficile à chiffrer
La France figurait déjà, à l'époque des propos d'Édouard Philippe, parmi les pays de la zone euro affichant les déficits publics les plus élevés, rappelle la tribune. Dans ce contexte, la question du périmètre exact des agences et de leur coût agrégé demeure, selon plusieurs observateurs, délicate à établir avec précision. Le sujet touche à des secteurs variés — santé, environnement, recherche, formation — où les agences jouent parfois un rôle opérationnel difficilement substituable.
## Vers une revue de périmètre ?
La proposition portée par François Pierrard rejoint des recommandations formulées de longue date par des instances de contrôle budgétaire, qui plaident pour une revue périodique et contradictoire des missions confiées à ces organismes. Une telle démarche, si elle était engagée, pourrait se heurter à la complexité des tutelles ministérielles et à la résistance des structures concernées. Elle supposerait également de distinguer les agences réellement redondantes de celles dont l'utilité opérationnelle est reconnue.
À ce stade, aucune annonce officielle ne vient confirmer l'ouverture prochaine d'un chantier d'ampleur sur ce périmètre. La question posée par l'auteur demeure toutefois posée : celle de la place réelle de ces agences dans le débat budgétaire, et des arbitrages qu'une telle mise en transparence pourrait impliquer.