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François Charles, directeur du département Mathématiques et applications de l'Ecole normale supérieure – 31/08

Economie · · Par Julie MOREAU

François Charles, directeur du département Mathématiques et applications de l'Ecole normale supérieure – 31/08

François Charles, directeur du département Mathématiques et applications de l'École normale supérieure (ENS), était l'invité de François Sorel dans l'émission T

François Charles, directeur du département Mathématiques et applications de l'École normale supérieure (ENS), était l'invité de François Sorel dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 31 août sur BFM Business. Le chercheur s'est exprimé sur un sujet qui agite la communauté scientifique : la capacité de l'intelligence artificielle (IA) à résoudre des problèmes mathématiques centenaires, jusqu'ici considérés comme insolubles par les approches traditionnelles. ### Un champ de recherche en pleine effervescence L'intervention de François Charles intervient dans un contexte où les outils d'IA, et plus particulièrement les modèles de langage avancés, multiplient les performances dans des domaines cognitifs complexes. Selon le directeur du département de l'ENS, ces avancées ne relèvent plus de la simple démonstration technique, mais pourraient redéfinir les méthodologies de la recherche fondamentale. Les problèmes mathématiques centenaires, souvent non résolus faute de démonstrations accessibles aux capacités humaines, représentent un terrain d'expérimentation privilégié pour ces nouvelles technologies, capables de parcourir des volumes considérables de données et de conjectures en un temps record. ### Une collaboration homme-machine à réinventer François Charles a souligné, lors de cet entretien, que l'enjeu ne réside pas dans un remplacement du mathématicien par la machine, mais dans une collaboration renouvelée. L'IA pourrait assister les chercheurs en proposant des pistes de démonstration, en vérifiant des étapes intermédiaires ou en explorant des configurations logiques que l'intuition humaine n'envisagerait pas spontanément. Cette perspective soulève toutefois des questions méthodologiques majeures : comment garantir la rigueur d'une preuve générée par un algorithme ? Comment s'assurer que la solution apportée est bien valide et non une simple corrélation statistique ? Le directeur de l'ENS a insisté sur la nécessité de développer des cadres de validation robustes avant d'envisager une adoption à grande échelle dans les laboratoires. ### Des implications pour la formation des chercheurs Au-delà de la recherche, cette évolution interroge directement la formation des futurs mathématiciens. Le département dirigé par François Charles, qui forme une partie de l'élite académique française, devra intégrer ces nouveaux outils dans ses cursus. L'objectif serait de préparer les étudiants à utiliser l'IA comme un levier de créativité, tout en conservant une compréhension profonde des concepts sous-jacents. Cette dualité entre maîtrise technique et culture mathématique classique constituerait, selon l'invité de BFM Business, un défi pédagogique central pour les prochaines années. ### Un avenir prometteur mais encadré Si les perspectives sont enthousiasmantes, François Charles a tempéré les attentes en rappelant que ces outils restent perfectibles et que leur application aux problèmes les plus complexes, comme l'hypothèse de Riemann ou la conjecture de Hodge, demeure hypothétique. Les progrès sont toutefois rapides, et les prochaines années pourraient être décisives pour observer les premières percées majeures. L'émission Tech & Co, diffusée du lundi au jeudi, a permis de mettre en lumière ces enjeux devant un public large, mêlant passionnés de technologie et professionnels du secteur. Les auditeurs peuvent réécouter cet échange en podcast, ainsi que les autres épisodes récents, notamment ceux consacrés au rachat de Cursor par Elon Musk ou au départ de Tim Cook d'Apple.