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François Bayrou au Figaro : « Tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d’organiser une compétition entre les candidats potentiels »

Une · · Par Claire BERNARD

François Bayrou au Figaro : « Tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d’organiser une compétition entre les candidats potentiels »

François Bayrou, président du MoDem et ancien premier ministre, a accordé un entretien exclusif au Figaro publié dimanche 9 août 2026, dans lequel il appelle le

François Bayrou, président du MoDem et ancien premier ministre, a accordé un entretien exclusif au Figaro publié dimanche 9 août 2026, dans lequel il appelle les forces politiques refusant les extrêmes à organiser une « compétition » entre leurs candidats potentiels. Cette prise de position intervient alors que la question de la succession d'Emmanuel Macron structure déjà le débat politique, à moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027. ### Une mise en garde sur la gravité de l'échéance Dans cet entretien réalisé par Loris Boichot et Tristan Quinault-Maupoil, François Bayrou qualifie l'élection présidentielle de 2027 d'« élection la plus importante depuis l'origine de la Ve République ». Il justifie cette affirmation par la fin d'un cycle de dix ans de pouvoir macroniste, qu'il décrit comme « un cycle de la vie, naturel, presque biologique ». Selon lui, cette échéance marque la fin d'un cycle et appelle « le commencement d'un cycle vraiment nouveau », non une simple prolongation du précédent. Le président du MoDem estime que « les Français attendent un renouvellement profond » et que « le pays ne choisira pas le gris ». Il met également en garde contre une « crise sans précédent, multiforme mais d'abord financière », qui surviendrait malgré les réticences à l'envisager, ce qui confère selon lui une gravité particulière à ce scrutin. ### L'appel à une primaire du « fleuve démocratique » Le cœur de l'intervention de François Bayrou réside dans son appel à l'organisation d'un vote « le plus ouvert possible » pour départager les prétendants appartenant au même « fleuve démocratique ». Cette expression recouvre les forces politiques qui rejettent les extrêmes, représentées notamment par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, dont les niveaux élevés dans les sondages sont mentionnés dans l'entretien. L'ancien premier ministre affirme que « tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels ». Cette proposition intervient dans un contexte où plusieurs personnalités de la majorité présidentielle et de ses abords sont pressenties, parmi lesquelles Édouard Philippe, Gabriel Attal et Thierry Breton, cités dans les sujets associés à l'article du Figaro. ### Une mise en doute de la candidature d'Édouard Philippe L'entretien contient également une mise en doute explicite de la capacité d'Édouard Philippe à remporter la présidentielle. Selon les informations rapportées par Le Figaro, le président du MoDem remet en question la capacité de l'ancien chef du gouvernement à s'imposer au second tour. Cette prise de position pourrait refléter les tensions persistantes au sein de l'ancienne majorité présidentielle, où les ambitions personnelles s'entrechoquent à l'approche du scrutin. François Bayrou, qui préside le MoDem depuis sa fondation, semble ainsi vouloir peser sur la structuration de l'offre politique du centre et de la droite modérée, en plaidant pour une procédure de désignation transparente et ouverte, plutôt que des arrangements d'appareil. ### Les enjeux d'une procédure de désignation ouverte La proposition de François Bayrou soulève plusieurs interrogations quant à sa faisabilité et à ses implications. D'une part, l'organisation d'un vote « le plus ouvert possible » nécessiterait l'accord de l'ensemble des partis concernés, ce qui paraît incertain compte tenu des rivalités personnelles et des différences programmatiques. D'autre part, une telle primaire pourrait avoir pour effet de légitimer le vainqueur tout en exposant les divisions internes de la majorité sortante. Par ailleurs, la référence au « fleuve démocratique » suggère une conception élargie de l'arc républicain, susceptible d'inclure des sensibilités allant du centre gauche à la droite modérée, dans la lignée des gouvernements successifs formés depuis 2017. Toutefois, les modalités précises d'un tel scrutin, son calendrier et son périmètre n'ont pas été détaillés dans les extraits de l'entretien publiés par Le Figaro. ### Une séquence politique sous tension Cette intervention de François Bayrou s'inscrit dans une séquence politique marquée par une fragmentation croissante de l'offre politique. Les sondages mentionnés dans l'entretien placent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon à des niveaux élevés, ce qui alimente les inquiétudes quant à une possible polarisation extrême du second tour. Dans ce contexte, l'appel du président du MoDem à une compétition ouverte pourrait être perçu comme une tentative de structurer un pôle modéré crédible, susceptible de faire barrage aux extrêmes. Cependant, la réussite d'une telle entreprise dépendra de la capacité des différents prétendants à accepter une procédure collective, ce qui reste à démontrer. L'ancien premier ministre, fort de son expérience gouvernementale et de son ancrage centriste, semble vouloir jouer un rôle de rassembleur, mais ses marges de manœuvre pourraient être limitées par les ambitions concurrentes au sein de son propre camp.