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France: retour à la délivrance de 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, droite et extrême droite s'indignent

Monde · · Par Claire BERNARD

France: retour à la délivrance de 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, droite et extrême droite s'indignent

France : Retour à la délivrance de 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, droite et extrême droite s’indignent L’ambassadeur de France en Algérie, S

France : Retour à la délivrance de 250 000 visas par an aux ressortissants algériens, droite et extrême droite s’indignent

L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a annoncé un objectif de retour à 250 000 visas délivrés chaque année aux ressortissants algériens, dans le cadre d’un rapprochement diplomatique entre Paris et Alger. Cette perspective, qui marque une inflexion notable après plusieurs années de restrictions, suscite une vive indignation au sein des partis de droite et d’extrême droite français, qui dénoncent un signal d’ouverture jugé inopportun.

Un objectif de normalisation des flux consulaires

Selon des informations rapportées par RFI, l’ambassadeur Stéphane Romatet a formulé cette intention lors d’une rencontre avec des représentants de la communauté française en Algérie. La cible de 250 000 visas par an correspondrait au niveau observé avant la mise en place de mesures restrictives, intervenues en 2021 dans un contexte de tensions bilatérales. À l’époque, Paris avait réduit de moitié le nombre de visas accordés aux Algériens, en représentation à ce que le gouvernement français considérait comme un manque de coopération d’Alger en matière de réadmission de ressortissants en situation irrégulière.

Ce retour à un volume plus élevé s’inscrirait dans le cadre d’un apaisement des relations franco-algériennes, amorcé ces derniers mois. La déclaration de Stéphane Romatet intervient alors que plusieurs dossiers sensibles, allant de la mémoire coloniale à la coopération sécuritaire, font l’objet de discussions entre les deux capitales. L’objectif affiché serait de rétablir une fluidité administrative, tout en maintenant des contrôles renforcés sur les motifs de séjour.

Des critiques politiques immédiates

L’annonce a provoqué une levée de boucliers dans l’opposition française. Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN) ont rapidement dénoncé ce qu’ils perçoivent comme un recul face aux exigences algériennes. Des figures de la droite estiment que ce relèvement des quotas intervient sans contreparties suffisantes, notamment sur la question des laissez-passer consulaires, documents nécessaires pour expulser des ressortissants algériens en situation irrégulière. D’après des sources politiques citées par RFI, plusieurs élus jugent cette décision « précipitée » et « contraire aux intérêts migratoires de la France ».

L’extrême droite, pour sa part, y voit une « capitulation » supplémentaire du gouvernement face à Alger, dans un climat où les flux migratoires constituent un sujet électoral sensible. Les critiques portent également sur le manque de transparence autour des critères précis de délivrance et sur l’absence de garanties chiffrées quant à l’effectivité des retours en cas de séjour irrégulier.

Un enjeu diplomatique et migratoire sous tension

Cette décision pourrait raviver les débats sur la politique migratoire française, déjà au cœur des discussions parlementaires. Le gouvernement, qui n’a pas officiellement confirmé les propos de l’ambassadeur, se trouve pris entre la nécessité de maintenir des relations diplomatiques stables avec Alger et les attentes d’une opinion publique souvent hostile à une augmentation des flux. La question des visas demeure un levier de pression récurrent dans les relations bilatérales, comme l’a montré la crise de 2021-2022.

Si le retour à 250 000 visas par an se concrétisait, il représenterait un rééquilibrage significatif, mais aussi un test pour la capacité des autorités françaises à concilier ouverture et contrôle. Les prochaines semaines pourraient voir des échanges tendus au sein de l’Assemblée nationale, alors que les oppositions entendent faire de ce dossier un symbole des failles perçues de la politique migratoire.