France: le Mondial de l’automobile ouvre ses portes à Paris en présence d'un nombre record de constructeurs chinois

## Le Mondial de l'automobile rouvre à Paris avec une présence chinoise inédite Le président de la République, Emmanuel Macron, inaugure ce lundi 12 octobre la
## Le Mondial de l'automobile rouvre à Paris avec une présence chinoise inédite
Le président de la République, Emmanuel Macron, inaugure ce lundi 12 octobre la 91e édition du Mondial de l'automobile au Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris. Selon les informations rapportées par RFI, l'événement réunit cette année quelque 60 marques, un niveau de participation qui marque un net regain d'intérêt des constructeurs pour un salon longtemps délaissé par une partie du secteur.
## Un rendez-vous requalifié après des années de désaffection
Le Mondial de l'automobile, créé en 1898, constitue l'un des plus anciens salons automobiles au monde. Toutefois, plusieurs éditions récentes avaient été marquées par le retrait de constructeurs majeurs, notamment allemands et japonais, qui privilégiaient des formats plus ciblés ou des présentations numériques. Cette 91e édition semblerait donc inverser la tendance, avec une soixantaine d'enseignes annoncées, un chiffre qui, s'il reste inférieur aux sommets historiques du salon, traduit selon plusieurs observateurs du secteur une volonté de réinvestir la scène européenne.
D'après les éléments communiqués par RFI, la présence d'Emmanuel Macron à l'inauguration souligne l'attention portée par l'exécutif à une filière qui représente, selon les données habituellement citées par les organisations professionnelles, plusieurs centaines de milliers d'emplois directs et indirects en France. Le chef de l'État pourrait y évoquer les enjeux liés à la transition énergétique et au soutien à la production nationale, dans un contexte où la concurrence internationale s'intensifie.
## Une délégation chinoise au niveau record
Le fait le plus notable de cette édition réside dans le nombre record de constructeurs chinois attendus. Cette affluence s'inscrit dans un mouvement de fond : depuis plusieurs années, des marques comme BYD, MG ou Leapmotor multiplient les implantations commerciales en Europe, portées par une offre de véhicules électriques à des tarifs souvent inférieurs à ceux de leurs concurrents européens. Leur installation durable dans le paysage automobile européen ne se limiterait plus aux seules importations, plusieurs groupes ayant annoncé ou engagé la construction d'usines sur le continent, notamment en Hongrie, en Espagne ou en Pologne.
Cette dynamique intervient dans un climat commercial tendu. En effet, l'Union européenne a instauré à l'automne 2024 des droits de douane additionnels sur les véhicules électriques importés de Chine, une mesure que Pékin a contestée devant l'Organisation mondiale du commerce. La présence massive de constructeurs chinois à Paris pourrait donc être interprétée comme une démonstration de force commerciale, voire comme une stratégie de contournement des barrières tarifaires par l'installation locale.
## Des enjeux industriels et politiques imbriqués
Pour les constructeurs européens, ce salon constitue un moment d'observation autant que de démonstration. Renault, Stellantis et le groupe Volkswagen y présenteront leurs nouveautés, dans un marché où la part des véhicules électriques progresse mais où les ventes restent freinées par le prix et par la disponibilité des infrastructures de recharge. Selon plusieurs analyses sectorielles, la pression exercée par les modèles chinois sur les segments d'entrée de gamme pourrait accélérer les restructurations industrielles en Europe, d'autant plus que les normes européennes sur les émissions de CO2 se durcissent à l'horizon 2030.
Par ailleurs, la question de la souveraineté industrielle devrait revenir dans les discours officiels. Le gouvernement français a soutenu à plusieurs reprises la production nationale, notamment via le bonus écologique, dont les modalités ont été modifiées pour exclure de fait plusieurs modèles fabriqués en Asie. Cette orientation pourrait être réaffirmée lors de la visite présidentielle.
## Une édition à valeur de test
L'édition 2026 du Mondial de l'automobile s'annonce ainsi comme un indicateur de la recomposition en cours du marché européen. Si la forte participation chinoise confirme la mondialisation accélérée du secteur, elle pose également la question de l'équilibre entre ouverture commerciale et protection des filières industrielles européennes. Les prochains mois, marqués par les décisions de l'OMC et par l'évolution des ventes de véhicules électriques, devraient préciser si ce salon marque un simple rebond conjoncturel ou un changement durable dans la géographie de l'automobile mondiale.