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FORUM BFMTV - Dette: "Les Gafam captent énormément d'argent en France, mais paient tous leurs impôts en Irlande", note Marc, blogueur bons plans

Economie · · Par Julie MOREAU

FORUM BFMTV - Dette:

La question de la fiscalité des géants du numérique revient régulièrement dans le débat public français, et le forum de BFM Business s'en est fait l'écho ce jou

La question de la fiscalité des géants du numérique revient régulièrement dans le débat public français, et le forum de BFM Business s'en est fait l'écho ce jour. Marc, blogueur spécialisé dans les bons plans, y a formulé une critique désormais familière : « Les Gafam captent énormément d'argent en France, mais paient tous leurs impôts en Irlande. » Cette intervention illustre une préoccupation qui traverse l'échiquier politique et alimente les discussions sur la dette et le financement des services publics. ## Une critique récurrente dans le débat fiscal L'argument avancé par Marc renvoie à une réalité documentée depuis plusieurs années. Les grandes plateformes numériques — Google, Apple, Facebook (Meta), Amazon et Microsoft — réalisent des chiffres d'affaires considérables sur le marché français, que ce soit via la publicité en ligne, le commerce électronique ou les services cloud. Or, la structuration de leurs groupes leur permet de localiser une part importante de leurs bénéfices dans des juridictions à fiscalité avantageuse, au premier rang desquelles l'Irlande, où le taux d'imposition sur les sociétés demeure nettement inférieur à celui pratiqué en France. Ce phénomène, souvent qualifié d'optimisation fiscale agressive, prive selon ses détracteurs l'État français de recettes substantielles. ## Des initiatives législatives à l'échelle nationale et européenne Face à cette situation, la France a tenté d'agir. Une taxe sur les services numériques, surnommée « taxe Gafam », a été instaurée en 2019, ciblant les revenus publicitaires et les ventes de données des grandes plateformes. Son rendement reste toutefois limité au regard des enjeux. Au niveau européen, les discussions sur une imposition minimale des multinationales avancent lentement, chaque État membre défendant ses intérêts propres. L'Irlande, dont le modèle économique repose en partie sur l'attractivité fiscale, a longtemps freiné les initiatives visant à harmoniser les règles. L'accord international de 2021 sur un taux d'imposition mondial minimal de 15 % constitue une avancée, mais sa mise en œuvre effective demeure partielle et progressive. ## Un enjeu budgétaire dans un contexte de dette La remarque de Marc s'inscrit dans un contexte où la question de la dette publique française est centrale. Chaque euro non perçu auprès des multinationales est un euro qui doit être trouvé ailleurs, par l'impôt ou par l'emprunt. Les intervenants du forum ont d'ailleurs multiplié les témoignages sur le coût de la vie, les carburants ou les aides jugées insuffisantes, dessinant un climat de tension budgétaire. Pour certains économistes, la lutte contre l'évasion fiscale des géants du numérique représente un gisement de recettes non négligeable. Pour d'autres, l'enjeu dépasse la seule question fiscale : il touche à la souveraineté économique et à l'équité entre acteurs nationaux et internationaux. ## Une équité fiscale toujours en chantier Le débat soulevé par Marc, blogueur bons plans, n'est donc pas isolé. Il rejoint les préoccupations exprimées par des entrepreneurs, des élus et des citoyens sur la répartition de l'effort fiscal. Stéphanie Delestre, entrepreneure et investisseuse, a rappelé dans le même forum la chance que représente la présence de grandes entreprises en France. Les deux positions ne sont pas nécessairement contradictoires : il s'agit moins de contester l'existence de ces acteurs que de s'interroger sur leur contribution au financement collectif. La question de la fiscalité des Gafam devrait continuer d'alimenter les débats, tant au niveau national qu'européen, dans les mois à venir.