FORUM BFMTV - Dépenses publiques: "Il faut changer le système en profondeur", considère Laurence Saillet, ancienne député européenne

## Dépenses publiques : pour Laurence Saillet, « il faut changer le système en profondeur » Invitée du Forum BFMTV consacré aux dépenses publiques et au budget
## Dépenses publiques : pour Laurence Saillet, « il faut changer le système en profondeur »
Invitée du Forum BFMTV consacré aux dépenses publiques et au budget de l'État, Laurence Saillet, ancienne députée européenne, a livré un diagnostic sans détour sur l'état des finances publiques françaises. Selon elle, les ajustements à la marge ne suffiront plus : c'est l'architecture même du système qu'il convient de repenser, dans un contexte où la dette publique et le déficit alimentent un débat politique de plus en plus tendu à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
## Un constat partagé sur l'état des finances publiques
La position de Laurence Saillet s'inscrit dans un climat de défiance croissante vis-à-vis de la gestion budgétaire. Sur le plateau du Forum BFMTV, d'autres intervenants ont exprimé des préoccupations convergentes, à l'image de Rodolphe, artisan, qui a demandé que « Macron doit rendre des comptes devant la justice pour avoir endetté le pays ». Une formulation radicale, mais qui traduit une exaspération réelle face à la trajectoire des comptes publics. Linda, cheffe d'entreprise, a résumé ce clivage en estimant qu'« aujourd'hui il y a deux France, les politiques et nous ». Ces témoignages, recueillis par BFM Business, illustrent la pression politique qui pèse sur le gouvernement en matière de rigueur budgétaire.
## La fiscalité au cœur des clivages politiques
Le débat sur les dépenses publiques se double d'une controverse sur la justice fiscale. Jérôme Guedj, député PS, a défendu sur le même forum une approche fondée sur la progressivité : « Il faut que chacun contribue en fonction de ses revenus et de la progressivité de l'impôt, c'est quand même ça la justice fiscale ». À l'inverse, Jonas Haddad, porte-parole adjoint des Républicains, a estimé que « le seul qui devrait faire aujourd'hui un effort, c'est l'État », déplaçant la charge de l'ajustement vers la sphère publique plutôt que vers les contribuables. Ces deux lectures résument l'affrontement classique entre réduction des dépenses et augmentation des recettes, sans qu'aucune des deux ne s'impose clairement dans le débat public.
## Des attentes fortes sur le pouvoir d'achat et les services publics
Au-delà des joutes partisanes, les témoignages de citoyens recueillis par BFMTV révèlent des préoccupations très concrètes. Guillaume, soigné pour un cancer à l'hôpital public, a rapporté avoir bénéficié de 36 séances de rayons sans rien payer, illustrant la valeur attachée au modèle de protection sociale. À l'inverse, Linda, cheffe d'entreprise, a confié hésiter à avoir un deuxième enfant, faute de capacité à l'assumer financièrement en France. Arnaud, agriculteur, a déploré que « on n'arrive plus à produire dans ce pays tellement il y a de normes et de traçabilités ». Ces interventions dessinent une opinion tiraillée entre attachement aux services publics et sentiment d'étouffement fiscal et réglementaire.
## Un enjeu qui dépasse le seul cadre budgétaire
La question des dépenses publiques ne se réduit donc pas à un exercice comptable. Elle touche à la confiance des citoyens dans leurs institutions, à la compétitivité des entreprises et à la soutenabilité du modèle social français. À l'approche de 2027, plusieurs intervenants du forum ont exprimé un désarroi politique, à l'instar de Jennifer, salariée en Ehpad, qui se dit « complètement paumée » et n'a « aucune idée » pour qui elle votera. D'autres, comme Ibrahim, conducteur poids lourd, rappellent qu'« il va falloir se rendre aux urnes et aller voter ». Pour Laurence Saillet, la réponse ne peut être que structurelle : sans transformation en profondeur du système, les tensions actuelles risquent de s'aggraver, quel que soit le gouvernement en place.