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Formule "plat unique" au restaurant, 22% des Français qui se disent en difficulté financière... La baisse du pouvoir d'achat des ménages risque de peser sur l'économie à l'approche de la présidentielle

Economie · · Par Julie MOREAU

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## La formule "plat unique" s'installe au restaurant, symptôme d'un pouvoir d'achat sous tension La restauration traditionnelle s'adapte à un changement de comp

## La formule "plat unique" s'installe au restaurant, symptôme d'un pouvoir d'achat sous tension La restauration traditionnelle s'adapte à un changement de comportement des consommateurs. Selon BFM Business, la formule entrée-plat-dessert recule au profit d'une option plus sobre : le plat du jour seul. Une évolution qui traduit moins un choix gastronomique qu'une contrainte budgétaire pour une partie des ménages français. ### Un indicateur concret de la pression budgétaire Au restaurant Le Louvel, à Angoulême, cette tendance est observable directement. Les clients optent de plus en plus pour la "formule unique", comprenant uniquement le plat du jour affiché à 14,90 euros. Pour un euro supplémentaire, certains ajoutent un café, mais s'arrêtent là. Le gérant a dû adapter son offre à cette réalité. Ce micro-exemple local reflète une dynamique plus large : la contrainte budgétaire modifie les arbitrages de consommation, y compris sur des postes considérés comme plaisir ou convivialité. ### Un baromètre qui confirme la tendance Le dernier baromètre Cofidis, cité par BFM Business, documente cette pression. 43% des personnes interrogées affirment pouvoir mettre de l'argent de côté, un chiffre en recul de 4 points par rapport à l'an dernier. 28% déclarent tout juste boucler leur budget, et 22% se disent en difficulté financière. Près de quatre sondés sur dix (39%) assurent se retrouver chaque mois à découvert, pour un montant moyen de 383 euros. Plus généralement, les Français estiment qu'il leur faudrait 512 euros par mois supplémentaires en moyenne pour vivre confortablement, une somme en hausse de 5 euros sur un an. Ces données dessinent une situation où la marge de manœuvre des ménages se réduit progressivement. ### L'Insee anticipe une baisse du pouvoir d'achat Cette perception se vérifie dans les chiffres macroéconomiques. L'inflation atteignait déjà 2,4% en août, et selon l'Insee, elle devrait continuer de grimper pour atteindre 2,9% en fin d'année, principalement en raison de la hausse des prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient. Sur l'ensemble de l'année, les salaires réels stagneraient et resteraient en dessous de leur niveau de 2021. Le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages baisserait quant à lui de 0,4% en 2026, selon les prévisions de l'institut. Cette conjonction — inflation persistante et stagnation des salaires réels — explique pourquoi les comportements de consommation se transforment. ### Une consommation qui ralentit déjà L'Insee anticipe en conséquence un ralentissement de la consommation des Français, qui ne progresserait que de 0,3% en 2026. Ce phénomène s'observe déjà sur les carburants, avec une baisse de la consommation de 6,6% en août, selon l'Union française des industries pétrolières. Or, la consommation des ménages pèse pour plus de la moitié de la croissance économique française. Un ralentissement durable de cette composante aurait donc des effets directs sur l'activité globale, au-delà du seul secteur de la restauration. ### Un enjeu économique à l'approche de la présidentielle La conjonction d'une inflation qui s'installe, de salaires réels qui stagnent et d'une consommation qui freine constitue un enjeu économique majeur à l'approche de l'élection présidentielle. Le sujet du pouvoir d'achat, déjà central dans le débat public, devrait s'imposer avec d'autant plus de force que les indicateurs ne montrent pas de retournement favorable à court terme. Reste à savoir si les mesures qui pourraient être proposées suffiront à inverser une tendance que les chiffres de l'Insee dessinent comme durable.