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Flixbus a désormais le monopole sur les "cars Macron": pour le régulateur, il ne faut craindre ni hausse des prix, ni baisse de l'offre (des experts en doutent fortement)

Economie · · Par Julie MOREAU

Flixbus a désormais le monopole sur les

# Flixbus bientôt seul maître des "cars Macron" : le régulateur rassure, les experts doutent L’Autorité de régulation des transports (ART) estime que le futur m

# Flixbus bientôt seul maître des "cars Macron" : le régulateur rassure, les experts doutent L’Autorité de régulation des transports (ART) estime que le futur monopole de Flixbus sur le marché des autocars longue distance, consécutif au retrait annoncé de BlaBlaCar Bus en 2027, ne devrait entraîner ni hausse des prix ni baisse de l’offre. Un avis que contestent plusieurs experts du secteur, pointant les risques d’une absence de concurrence dans un marché qui a pourtant vocation à stimuler l’émulation entre opérateurs. ## Un marché en pleine concentration Depuis la libéralisation du transport par autocar en 2015, dits "cars Macron", le secteur a connu une croissance continue de la fréquentation. Selon l’ART, 112 millions de voyageurs ont emprunté ces lignes depuis leur création, dont 17 millions l’année dernière, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Ce mode de transport représente désormais 9 % du transport terrestre longue distance. Pourtant, la rentabilité reste un défi. En avril dernier, BlaBlaCar a annoncé son intention de cesser son activité BlaBlaCar Bus d’ici 2027, invoquant "des difficultés économiques structurelles". Cette décision laisse Flixbus, son concurrent direct, comme unique opérateur majeur sur le marché hexagonal. ## L’ART minimise les risques Dans son rapport publié en juin, l’ART reconnaît que certains acteurs ont qualifié cette situation de "monopole potentiel d’échec de l’ouverture du secteur". L’autorité cite les craintes de "hausse des prix et de rationalisation de l’offre", ainsi que les "impacts potentiels sur l’accessibilité des transports et l’aménagement du territoire". Pourtant, le régulateur se veut rassurant. Selon lui, plusieurs caractéristiques du marché limiteraient les risques : la flexibilité des coûts, la possibilité pour de nouveaux entrants de se positionner, et la pression indirecte exercée par d’autres modes de transport (train, covoiturage). L’ART estime ainsi que le jeu de la concurrence, même absent à court terme, pourrait être préservé. ## Des experts sceptiques face à l’absence de concurrence Plusieurs spécialistes du secteur contestent cette analyse. Pour eux, le départ de BlaBlaCar Bus supprime un levier essentiel de pression concurrentielle. Sans rival direct, Flixbus pourrait être tenté d’augmenter ses tarifs ou de réduire les fréquences sur les lignes les moins rentables, au détriment des usagers et des territoires ruraux. L’exemple du rail, où l’ouverture à la concurrence est jugée bénéfique par l’ART elle-même, contraste avec cette situation. L’autorité souligne d’ailleurs dans son rapport la nécessité de l’ouverture du marché ferroviaire pour le bénéfice du consommateur, mais semble adopter une position différente pour les autocars. Cette divergence alimente le débat sur la cohérence de la politique de régulation des transports en France. ## Un avenir incertain pour le secteur Alors que Flixbus s’apprête à devenir l’unique opérateur de cars longue distance, les interrogations persistent. Les associations de consommateurs redoutent une dégradation de la qualité de service et une moindre couverture des zones peu denses. De leur côté, les collectivités locales craignent un déséquilibre dans l’aménagement du territoire. L’ART devra donc surveiller de près l’évolution du marché et, le cas échéant, prendre des mesures pour préserver l’accessibilité et la compétitivité des prix. L’enjeu est de taille : garantir que le succès des cars Macron ne se transforme pas en une situation où le consommateur paie le prix fort d’une concurrence défaillante.