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Fleurs, reptiles, mammifères, papillons… Après le passage du feu, tout un écosystème est à reconstruire

Une · · Par Claire BERNARD

Fleurs, reptiles, mammifères, papillons… Après le passage du feu, tout un écosystème est à reconstruire

Les incendies qui ont ravagé le sud-ouest de la France, notamment dans les Landes et en Gironde, ont réduit en cendres près de 45 000 hectares de forêts et de z

Les incendies qui ont ravagé le sud-ouest de la France, notamment dans les Landes et en Gironde, ont réduit en cendres près de 45 000 hectares de forêts et de zones naturelles. Au-delà des images saisissantes de grands mammifères fuyant les flammes, ce sont des écosystèmes entiers, des champignons aux papillons en passant par les reptiles et les amphibiens, qui se trouvent aujourd'hui à reconstruire. Selon des informations rapportées par Le Figaro, les naturalistes n'ont pas encore accès aux zones sinistrées, mais ils savent déjà que les conséquences sur la biodiversité locale seront lourdes, d'autant plus que ces territoires étaient déjà malmenés par les épisodes de canicule successifs. ## ### Les grands mammifères, victimes visibles mais résilientes Les photographies de chevreuils égarés parmi les troncs calcinés ou fuyant devant l'avancée des flammes ont largement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vive émotion publique. D'après un responsable d'un centre de soins de la faune sauvage cité par nos confrères, une partie de ces animaux a réussi à fuir les zones brûlées, mais leur survie reste précaire. En effet, ils doivent désormais trouver de l'eau, de la nourriture et un nouveau territoire, tout en évitant les collisions avec les véhicules sur les routes départementales. Cette inquiétude s'est notamment traduite par une pétition réclamant un moratoire sur la chasse, qui aurait recueilli plus de 345 000 signatures selon les données disponibles vendredi dernier. ## ### Un bilan écologique en profondeur pour les espèces peu mobiles Si les grands mammifères concentrent l'attention médiatique, le bilan écologique le plus lourd pourrait concerner les espèces moins mobiles, incapables de fuir rapidement l'avancée du feu. Champignons, fleurs, insectes du sol ou cachés dans les arbres, genettes, hérissons, amphibiens, chauves-souris et serpents figurent parmi les victimes potentielles les plus nombreuses. Selon les informations rapportées par Le Figaro, les naturalistes anticipent des pertes significatives dans ces populations, d'autant plus que les sols brûlés perdent leur capacité à abriter la microfaune qui constitue la base de la chaîne alimentaire locale. La reconstitution de ces strates inférieures de l'écosystème conditionnera le retour progressif des espèces qui en dépendent. ## ### Une renaissance naturelle qui pourrait être plus rapide que prévu Toutefois, les spécialistes de la biodiversité rappellent que la nature dispose d'une capacité de régénération parfois surprenante. Selon les observations menées lors d'incendies précédents dans le sud de la France, certaines espèces de fleurs sauvages et de papillons peuvent recoloniser les zones brûlées dès les premières saisons suivant le sinistre, profitant notamment de l'ouverture du milieu et de l'apport en nutriments libérés par les cendres. Les sols méditerranéens et atlantiques présentent par ailleurs des adaptations historiques au passage du feu, certaines espèces ayant développé des stratégies de survie spécifiques comme la germination stimulée par la chaleur. Cependant, la fréquence accrue des incendies liée au changement climatique pourrait compromettre ce cycle naturel de renaissance. ## ### Un suivi scientifique indispensable pour évaluer la reconstruction Les naturalistes et les scientifiques attendent désormais l'autorisation d'accéder aux zones sinistrées pour établir un état des lieux précis des dégâts sur la faune et la flore locales. Ce travail d'inventaire permettra d'orienter les éventuelles mesures de restauration écologique et de suivre la dynamique de recolonisation des espèces dans les mois et les années à venir. La question de la gestion des forêts brûlées, entre coupe des arbres morts et maintien de zones en libre évolution, fera également l'objet de débats parmi les gestionnaires d'espaces naturels. La renaissance de ces écosystèmes, si elle est probable, dépendra de multiples facteurs, parmi lesquels les conditions météorologiques des prochaines saisons et la capacité des acteurs locaux à coordonner leurs actions de préservation.