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Flambée du kérosène, baisse de la demande, retards des livraisons d'avions: l'aérien tente de faire face aux vents contraires et se retrouve à Rio pour son sommet annuel

Economie · · Par Julie MOREAU

Flambée du kérosène, baisse de la demande, retards des livraisons d'avions: l'aérien tente de faire face aux vents contraires et se retrouve à Rio pour son sommet annuel

Ce samedi débute la réunion annuelle de l'Association internationale du transport aérien (IATA) à Rio de Janeiro, un sommet qui s'annonce sous haute tension pou

Ce samedi débute la réunion annuelle de l'Association internationale du transport aérien (IATA) à Rio de Janeiro, un sommet qui s'annonce sous haute tension pour les dirigeants des compagnies aériennes mondiales. Confrontés à une flambée du prix du kérosène, à une baisse de la demande dans certaines régions et à des retards de livraison d'avions neufs, les transporteurs cherchent à naviguer dans un environnement économique devenu hostile. La reprise post-pandémique, pourtant bien engagée, se heurte désormais à des vents contraires que le secteur peine à contrer.

Un choc pétrolier amplifié par les tensions géopolitiques

Le conflit en Iran, et plus largement les tensions au Moyen-Orient, ont provoqué une flambée des prix du pétrole brut, impactant directement le coût du kérosène, premier poste de dépense des compagnies aériennes. Selon les données compilées par l'IATA, cette hausse inattendue vient grever des marges déjà fragilisées par l'inflation. Les transporteurs tentent d'amortir le choc en augmentant leurs tarifs et en réduisant leurs capacités, mais la transmission aux consommateurs pourrait peser sur la demande, notamment sur les liaisons long-courriers les plus exposées. La volatilité des prix du carburant est ainsi devenue le principal risque identifié par les directeurs généraux du secteur, selon une enquête de Deloitte publiée cette semaine et menée auprès de 21 dirigeants de compagnies mondiales.

La pénurie d'avions neufs aggrave la situation

Parallèlement à ce choc pétrolier, les compagnies aériennes doivent faire face à un problème structurel : les retards de livraison des avions neufs, tant chez Boeing que chez Airbus. Ces retards contraignent les transporteurs à maintenir en service plus longtemps des appareils plus anciens, moins économes en carburant et plus coûteux en maintenance. Cette situation, couplée à la flambée du kérosène, alourdit considérablement les factures d'exploitation. L'IATA, qui représente plus de 370 compagnies aériennes totalisant environ 85 % du trafic aérien mondial, avait initialement prévu un bénéfice net record de 41 milliards de dollars pour l'ensemble du secteur cette année, avant que la guerre en Iran n'éclate. Les analystes et les dirigeants s'attendent désormais à une révision à la baisse de ces prévisions lors du sommet de Rio.

La maîtrise des coûts et la santé financière au cœur des priorités

Face à cette accumulation de risques, l'enquête de Deloitte indique que "ensemble, ces facteurs ont transformé ce qui devait être une année record en une lutte pour la marge". Les compagnies aériennes recentrent donc leurs efforts sur la maîtrise des coûts et la consolidation de leur santé financière. La réduction des capacités sur certaines routes, la renégociation des contrats de fournisseurs et l'optimisation des flottes sont autant de leviers actionnés. Le sommet de Rio sera l'occasion pour les dirigeants de partager leurs stratégies et de tenter de coordonner une réponse collective face à un environnement devenu plus imprévisible. La question de la transition énergétique, bien que cruciale, risque de passer au second plan, la priorité étant donnée à la survie économique immédiate.

La réunion annuelle de l'IATA à Rio de Janeiro s'ouvre donc dans un climat de grande incertitude. Alors que les compagnies aériennes espéraient une année de consolidation après la pandémie, elles sont désormais confrontées à un test de résilience inattendu. Les décisions prises lors de ce sommet, qu'il s'agisse de stratégies de couverture carburant ou de gestion de flotte, détermineront en partie la capacité du secteur à traverser cette nouvelle tempête sans dégâts majeurs. L'issue de ces discussions sera scrutée de près par les investisseurs et les passagers, alors que l'équilibre entre rentabilité et accessibilité des prix des billets reste plus que jamais précaire.