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Fibre Excellence : "Un immense soulagement", plus de 5 millions d’euros injectés en urgence pour éviter l’arrêt de l’usine de Saint-Gaudens

Une · · Par Claire BERNARD

Fibre Excellence :

Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé, le 15 septembre, un délai de trois mois à l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, selon des

Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé, le 15 septembre, un délai de trois mois à l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, selon des informations rapportées par Midi Libre. Ce répit, financé par l'État et la région Occitanie à hauteur de plus de 5 millions d'euros, vise à éviter l'arrêt immédiat d'un site industriel employant 270 salariés. Une décision qui, selon les représentants du personnel, suscite « un immense soulagement », mais qui ne règle pas les difficultés structurelles de l'entreprise. ## Un sursis financier de trois mois D'après le quotidien régional, cette enveloppe d'urgence, abondée conjointement par les services de l'État et la collectivité régionale, doit permettre au site de poursuivre son activité le temps qu'une solution pérenne soit trouvée. Le montant engagé, supérieur à 5 millions d'euros, couvrirait notamment les besoins de trésorerie immédiats et les charges d'exploitation courantes. Sans cette intervention, l'usine aurait vraisemblablement été contrainte de cesser sa production à brève échéance, exposant directement les 270 salariés à une situation de chômage technique, voire à un plan social. Le délai accordé par la juridiction consulaire toulousaine s'inscrit dans une procédure collective dont les contours exacts n'ont pas été détaillés publiquement. Il offrirait toutefois à la direction et aux pouvoirs publics une fenêtre de négociation pour envisager une reprise, une restructuration ou un partenariat industriel susceptible de consolider l'avenir du site. ## Une industrie sous tension structurelle Le cas de Fibre Excellence à Saint-Gaudens ne constituerait pas un événement isolé. Le secteur de la pâte à papier et de la transformation du bois traverse, depuis plusieurs années, une conjoncture difficile en Europe, marquée par la volatilité des prix de l'énergie, la concurrence internationale et les exigences croissantes en matière de transition environnementale. Ces facteurs pèseraient lourdement sur la compétitivité des sites français, d'autant plus que les investissements nécessaires à la modernisation des outils de production demeurent considérables. Selon des sources syndicales citées par Midi Libre, l'inquiétude reste vive malgré l'annonce du financement. Le répit de trois mois serait perçu comme une bouffée d'oxygène, non comme une garantie de survie à long terme. Les représentants des salariés appelleraient donc à ce que des engagements plus durables soient pris rapidement, notamment sur le plan industriel et commercial. ## Un enjeu territorial et social Au-delà des seuls emplois directs, l'usine de Saint-Gaudens exercerait un rôle structurant sur l'économie locale du Comminges, territoire rural du sud de la Haute-Garonne. Les emplois induits, chez les sous-traitants, les transporteurs et les prestataires de services, multiplierait l'impact économique du site. En effet, la disparition d'une telle installation pourrait fragiliser l'ensemble d'un bassin d'emploi déjà confronté à des défis démographiques et économiques. Par ailleurs, la mobilisation conjointe de l'État et de la région Occitanie témoignerait de la volonté des autorités de maintenir une activité industrielle dans des zones où les alternatives économiques demeurent limitées. Cette intervention s'inscrirait dans une logique de préservation de l'emploi et des savoir-faire industriels, sans toutefois préjuger des décisions qui seront prises à l'issue du délai accordé. ## Une échéance décisive en décembre L'horizon fixé par le tribunal de commerce de Toulouse place les parties face à une échéance rapprochée. D'ici décembre, les discussions devront aboutir à des perspectives crédibles, faute de quoi la question de la continuité du site se poserait à nouveau. Les salariés, les élus locaux et les pouvoirs publics suivraient donc de près l'évolution du dossier. Si le soulagement exprimé demeure réel, il resterait teinté d'incertitude. La pérennité de l'usine de Saint-Gaudens dépendrait moins du financement d'urgence que de la capacité des acteurs concernés à bâtir une stratégie industrielle durable, dans un contexte sectoriel qui ne laisse que peu de marges de manœuvre.