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Face aux Houthis, Ankara serait prêt à aider l'Arabie saoudite au nom du «pacte de la Mecque»

Monde · · Par Claire BERNARD

Face aux Houthis, Ankara serait prêt à aider l'Arabie saoudite au nom du «pacte de la Mecque»

## Ankara envisage une aide militaire à Riyad sous l'égide du « pacte de la Mecque » Selon des informations rapportées par RFI le samedi 19 septembre, la Turqui

## Ankara envisage une aide militaire à Riyad sous l'égide du « pacte de la Mecque » Selon des informations rapportées par RFI le samedi 19 septembre, la Turquie aurait exprimé sa disposition à apporter son soutien à l'Arabie saoudite face aux attaques menées par les rebelles houthis du Yémen. Cette annonce, formulée par le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, s'inscrirait dans le cadre du « pacte de la Mecque », un accord de défense collective liant Ankara, Riyad et Islamabad depuis le début du mois d'août. ## Un pacte de défense collective inédit Le « pacte de la Mecque », conclu au début du mois d'août entre la Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan, instaure un mécanisme de solidarité militaire inédit dans la région. Selon les termes rapportés par RFI, toute attaque dirigée contre l'un des trois pays signataires serait désormais considérée comme une agression contre l'ensemble des membres de l'alliance. Cette architecture défensive trilatérale marquerait une évolution notable des équilibres stratégiques au Moyen-Orient et en Asie du Sud, en associant une puissance de l'OTAN, un poids lourd énergétique du Golfe et une puissance nucléaire régionale. La déclaration de Hakan Fidan, intervenue le samedi 19 septembre, constituerait la première activation politique explicite de ce dispositif depuis sa signature. Elle interviendrait dans un contexte de tensions persistantes entre les rebelles houthis, soutenus selon plusieurs chancelleries par l'Iran, et les infrastructures stratégiques saoudiennes, régulièrement visées par des attaques de drones et de missiles. ## Des implications régionales encore incertaines L'éventualité d'un engagement turc aux côtés de Riyad pourrait modifier sensiblement l'équation sécuritaire régionale. En effet, Ankara dispose d'une capacité militaire substantielle, notamment en matière de défense aérienne et de drones, dont l'apport aux forces saoudiennes pourrait renforcer la protection des sites pétroliers et des infrastructures civiles exposées. Toutefois, la nature exacte de cette aide — logistique, technique ou opérationnelle — n'a pas été précisée par le chef de la diplomatie turque. Par ailleurs, cette annonce soulève des questions quant à la position des autres partenaires occidentaux de la Turquie, notamment au sein de l'Alliance atlantique. Une implication militaire turque dans le conflit yéménite pourrait raviver les débats sur la coordination des interventions régionales et sur la cohérence des engagements des membres de l'OTAN dans la zone. ## Un contexte yéménite toujours instable Depuis plusieurs années, le conflit yéménite oppose les rebelles houthis aux forces gouvernementales soutenues par une coalition militaire menée par Riyad. Les attaques contre le territoire saoudien, revendiquées à plusieurs reprises par les insurgés, ont régulièrement ciblé des installations pétrolières et des aéroports, perturbant ponctuellement les marchés énergétiques mondiaux. Selon des sources diplomatiques citées par RFI, l'activation du pacte de la Mecque pourrait constituer un signal dissuasif adressé aux acteurs régionaux soutenant les houthis. Cependant, aucune confirmation officielle d'un déploiement militaire turc n'a été communiquée à ce stade, et les modalités pratiques d'une telle coopération demeurent floues. La portée réelle de l'engagement turc dépendra vraisemblablement de l'évolution des attaques houthies et de la position adoptée par les autres signataires du pacte, notamment Islamabad, dont le rôle dans ce dispositif reste à préciser.