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Face aux effets "clairement négatifs" des épisodes caniculaires sur la croissance, le nouveau gouverneur de la Banque de France appelle le secteur financier à "investir dans la décarbonation et l'adaptation" au changement climatique

Economie · · Par Julie MOREAU

Face aux effets

# Canicule et croissance : le gouverneur de la Banque de France exhorte le secteur privé à financer la décarbonation Emmanuel Moulin, nouveau gouverneur de la B

# Canicule et croissance : le gouverneur de la Banque de France exhorte le secteur privé à financer la décarbonation Emmanuel Moulin, nouveau gouverneur de la Banque de France, a dressé un constat alarmant ce samedi sur France Inter : les épisodes caniculaires ont un effet "clairement négatif" sur la croissance économique à moyen terme. Alors que 60 départements français sont placés en vigilance orange canicule avec des pointes attendues à 40°C, le haut fonctionnaire a appelé le secteur financier à "investir dans la décarbonation et l'adaptation" au changement climatique, estimant que l'argent public ne pouvait suffire à lui seul. ## Un impact économique ambivalent à court terme, mais clairement négatif sur la durée Interrogé dans l'émission "On n'arrête pas l'éco", Emmanuel Moulin a nuancé les effets immédiats des vagues de chaleur. "À court terme, les effets sont un peu ambigus", a-t-il reconnu, entre un possible ralentissement de la productivité des travailleurs et une hausse de la consommation d'énergie liée à l'usage massif de la climatisation. Cette dualité complique l'évaluation macroéconomique instantanée des canicules. Cependant, le gouverneur a été catégorique sur les conséquences à plus long terme. "À moyen terme, clairement, ça a un effet négatif sur la croissance", a-t-il affirmé. Cette position s'inscrit dans un constat plus large : "c'est le cas des canicules, mais aussi des incendies, mais aussi des inondations", a-t-il énuméré, soulignant que l'ensemble des événements climatiques extrêmes pèse désormais structurellement sur l'activité économique française. ## Un risque systémique pour le secteur financier Emmanuel Moulin a également alerté sur les répercussions directes du changement climatique pour le système bancaire et assurantiel. "C'est un risque important pour la Banque de France et la Banque centrale européenne (BCE), en particulier sur le secteur financier puisque ça impacte les actifs des banques, les bilans des banques et les assurances", a-t-il détaillé. Cette menace n'est pas théorique : la dégradation des actifs immobiliers exposés aux risques climatiques, la hausse des sinistres assurantiels, ou encore la volatilité des marchés agricoles pourraient fragiliser la stabilité financière. Le gouverneur a ainsi rappelé que la BCE et les banques centrales nationales intègrent désormais ces paramètres dans leurs analyses de risques systémiques. ## Un appel à la mobilisation du capital privé Face à cette situation, Emmanuel Moulin a plaidé pour une accélération des investissements dans la transition écologique. "Continuer à investir dans la décarbonation et dans l'adaptation" est selon lui une priorité absolue, d'autant que l'Europe est soumise à "des chocs importants au niveau énergétique et à des événements climatiques exceptionnels". Mais le gouverneur a insisté sur un point crucial : "Il faut que le secteur financier y contribue. Ce n'est pas seulement de l'argent public qui doit être mobilisé." Cette déclaration intervient alors que les débats sur le financement de la transition écologique animent les sphères politiques et économiques, entre partisans d'un grand plan d'investissement public et défenseurs d'une mobilisation massive des capitaux privés. ## Le défi de l'adaptation face à une canicule historique Le contexte de cette prise de parole est particulièrement frappant : ce samedi, les deux tiers des départements français sont placés en vigilance orange pour canicule, avec des températures atteignant localement 39 à 40°C, notamment dans l'ouest et le centre du pays. Cette vague de chaleur, qui s'ajoute à une série d'événements climatiques exceptionnels ces dernières années, illustre concrètement l'urgence d'agir. Pour Emmanuel Moulin, la question n'est plus de savoir si le changement climatique affecte l'économie, mais comment y répondre structurellement. L'appel lancé au secteur financier vise à transformer ce risque en opportunité d'investissement durable, tout en rappelant que la résilience climatique est désormais un enjeu de compétitivité pour l'ensemble de l'économie française.