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Face aux canicules, sommes-nous tous égaux ? Ce que disent nos gènes

Une · · Par Claire BERNARD

Face aux canicules, sommes-nous tous égaux ? Ce que disent nos gènes

# Face aux canicules, sommes-nous tous égaux ? Ce que disent nos gènes Alors que la France connaît des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents et intens

# Face aux canicules, sommes-nous tous égaux ? Ce que disent nos gènes Alors que la France connaît des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents et intenses, une question émerge : la sensibilité à la chaleur est-elle uniquement une question d'âge, de condition physique ou d'habitat ? Selon un décryptage publié par *Le Figaro*, des facteurs génétiques, notamment liés à un gène impliqué dans la perception du piment, pourraient jouer un rôle déterminant dans notre capacité à supporter les fortes chaleurs. Une piste qui relierait notre tolérance thermique à l'évolution de l'espèce humaine depuis des centaines de milliers d'années. ## Le gène TRPV1, au cœur de la sensibilité thermique Le gène en question, baptisé TRPV1, code pour un récepteur situé à la surface de certaines cellules nerveuses. D'après les informations rapportées par *Le Figaro*, ce récepteur est activé à la fois par la capsaïcine, le composé responsable du piquant du piment, et par des températures élevées. En d'autres termes, les personnes possédant une version plus sensible de ce gène ressentiraient plus intensément la chaleur, tout comme elles percevraient plus fortement le piquant des aliments. Cette découverte, issue de travaux en génétique moléculaire, suggère que notre perception de la chaleur n'est pas purement environnementale, mais profondément ancrée dans notre patrimoine génétique. ## Des variations héritées de l'évolution humaine Selon les chercheurs cités par le quotidien, ces variations génétiques ne seraient pas le fruit du hasard. Elles pourraient résulter de processus évolutifs vieux de plusieurs centaines de milliers d'années. Les populations humaines ayant migré vers des climats plus froids auraient développé des récepteurs TRPV1 moins sensibles pour mieux conserver leur chaleur corporelle, tandis que celles restées sous des latitudes chaudes auraient conservé une sensibilité accrue. Ainsi, la diversité de nos réponses face aux canicules actuelles serait en partie un héritage de l'adaptation de nos ancêtres à leur environnement. Cette hypothèse, encore en cours de validation, ouvre une perspective nouvelle sur les inégalités biologiques face aux vagues de chaleur. ## Implications pour la santé publique face au réchauffement climatique Les implications de ces recherches dépassent le cadre de la simple curiosité scientifique. Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient sous l'effet du changement climatique, comprendre pourquoi certaines personnes souffrent davantage que d'autres pourrait permettre d'affiner les recommandations de santé publique. Les autorités sanitaires, qui ciblent principalement les personnes âgées, les nourrissons et les malades chroniques, devraient-elles également tenir compte de ces prédispositions génétiques ? D'après les experts interrogés par *Le Figaro*, il est encore trop tôt pour établir des tests de dépistage, mais ces connaissances pourraient, à terme, aider à identifier les individus les plus vulnérables et à adapter les messages de prévention. ## Une piste parmi d'autres, un champ de recherche en expansion Il convient toutefois de nuancer la portée de ces découvertes. La sensibilité à la chaleur est multifactorielle : elle dépend aussi de l'acclimatation, de l'hydratation, de la masse corporelle ou encore des pathologies préexistantes. Le gène TRPV1 n'est qu'un élément d'un puzzle complexe. Néanmoins, ce décryptage du *Figaro* illustre comment la génétique pourrait éclairer des questions de santé publique contemporaines. Les recherches se poursuivent pour cartographier l'ensemble des variants génétiques influençant notre thermorégulation, un enjeu d'autant plus crucial que les étés à venir s'annoncent toujours plus chauds.