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Expulsions de diplomates, rupture diplomatique: le ton continue de monter entre l'Érythrée et l'Éthiopie

Monde · · Par Claire BERNARD

Expulsions de diplomates, rupture diplomatique: le ton continue de monter entre l'Érythrée et l'Éthiopie

## Expulsions de diplomates et rupture diplomatique : le ton monte entre l'Érythrée et l'Éthiopie La crise entre Addis-Abeba et Asmara a franchi une nouvelle ét

## Expulsions de diplomates et rupture diplomatique : le ton monte entre l'Érythrée et l'Éthiopie La crise entre Addis-Abeba et Asmara a franchi une nouvelle étape, jeudi 1er octobre, avec l'annonce par les autorités éthiopiennes de la fermeture de leur ambassade en Érythrée et de l'expulsion de dix diplomates érythréens présents sur leur territoire. Selon des informations rapportées par RFI, cette décision constitue une escalade significative dans un conflit diplomatique qui n'a cessé de s'intensifier depuis plusieurs semaines. ## Un conflit ouvert autour d'une offensive armée À l'origine de cette rupture, les autorités éthiopiennes accusent l'Érythrée de soutenir, de manière directe et indirecte, l'offensive armée lancée le 22 septembre par une nouvelle alliance anti-gouvernementale. Cette accusation, formulée publiquement par Addis-Abeba, marque un durcissement notable dans les relations entre les deux pays voisins. En effet, l'implication présumée d'Asmara aux côtés de forces hostiles au pouvoir éthiopien représenterait, selon les autorités, une atteinte directe à la sécurité nationale. Cette offensive du 22 septembre constitue l'élément déclencheur de la crise actuelle. D'après les déclarations officielles éthiopiennes, il existerait des preuves d'un soutien érythréen à cette coalition armée. Toutefois, ces accusations n'ont pas été confirmées par des sources indépendantes, et Asmara n'a pas explicitement répondu sur le fond de ces allégations avant d'annoncer sa riposte diplomatique. ## La riposte érythréenne : une rupture sans précédent Dans la foulée de l'annonce éthiopienne, l'Érythrée a répliqué en annonçant la rupture de ses relations diplomatiques avec Addis-Abeba. Cette décision, rapportée par RFI, marque une dégradation majeure des canaux de communication entre les deux capitales. La fermeture de l'ambassade éthiopienne à Asmara et l'expulsion de dix diplomates constituent des mesures d'une gravité rare dans les relations bilatérales. Par ailleurs, cette rupture diplomatique intervient dans un contexte régional déjà tendu, où les équilibres entre les deux pays demeurent fragiles. La Corne de l'Afrique, région marquée par une instabilité chronique, pourrait voir cette crise s'étendre à d'autres acteurs régionaux, notamment en raison des alliances et des intérêts croisés qui structurent cet espace géopolitique. ## Un contexte historique lourd Les relations entre l'Éthiopie et l'Érythrée ont connu des phases de conflit ouvert et de rapprochement spectaculaire. Les deux pays ont été en guerre entre 1998 et 2000, avant de signer un accord de paix en 2018, salué par la communauté internationale. Ce rapprochement avait alors suscité des espoirs de stabilisation durable dans la région. Cependant, cette nouvelle crise semble remettre en cause les acquis de ces dernières années. La rupture annoncée par Asmara pourrait avoir des conséquences durables sur la coopération régionale, notamment en matière de sécurité et d'échanges économiques. D'après des observateurs cités par RFI, cette escalade pourrait également affecter les équilibres diplomatiques au sein de l'Union africaine, dont les deux pays sont membres. ## Quelles perspectives ? À ce stade, aucune médiation officielle n'a été annoncée par les instances régionales ou internationales. La fermeture des ambassades et l'expulsion des diplomates rendent toute reprise du dialogue immédiate plus complexe. Toutefois, une intervention de l'Union africaine ou d'autres acteurs régionaux pourrait être envisagée dans les prochains jours, sans qu'aucune confirmation n'ait été apportée à ce sujet. L'évolution de cette crise dépendra largement de la capacité des parties à trouver des canaux de communication alternatifs et à éviter une escalade militaire.