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Éthiopie: l'ONU ouvre un centre d’aide à Addis-Abeba pour aider les réfugiés dans leurs démarches

Monde · · Par Claire BERNARD

Éthiopie: l'ONU ouvre un centre d’aide à Addis-Abeba pour aider les réfugiés dans leurs démarches

L’ONU ouvre un centre d’aide à Addis-Abeba pour accompagner les réfugiés dans leurs démarches Alors que plus de 80 000 réfugiés et demandeurs d’asile résident à

L’ONU ouvre un centre d’aide à Addis-Abeba pour accompagner les réfugiés dans leurs démarches

Alors que plus de 80 000 réfugiés et demandeurs d’asile résident à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a inauguré, en partenariat avec le gouvernement éthiopien, un centre d’aide dédié à leur accompagnement administratif et social. Cette initiative vise à répondre à une problématique récurrente : l’isolement et la désorientation auxquels sont confrontés de nombreux exilés dès leur arrivée, souvent plongés dans des procédures complexes qu’ils maîtrisent mal.

Un dispositif pour briser l’isolement administratif

Selon des informations rapportées par RFI, ce nouveau centre, situé au cœur d’Addis-Abeba, a pour objectif principal de faciliter les démarches des réfugiés et demandeurs d’asile, qu’il s’agisse d’obtenir un statut légal, d’accéder aux soins ou de trouver un logement. Beaucoup d’entre eux, en effet, arrivent sans connaître les rouages administratifs éthiopiens, ce qui les expose à des années d’attente dans une situation de flou juridique. Ce phénomène, loin d’être anecdotique, pousse certains à envisager des routes migratoires secondaires, souvent plus dangereuses, vers d’autres pays. Le HCR espère ainsi réduire ce risque en offrant un guichet unique d’information et de soutien.

Un contexte migratoire tendu en Éthiopie

L’Éthiopie, pays d’accueil historique pour des réfugiés venus principalement d’Érythrée, de Somalie et du Soudan du Sud, fait face à une pression migratoire croissante. Selon des données onusiennes, le pays hébergeait plus de 800 000 réfugiés et demandeurs d’asile en 2023, dont une part significative dans la capitale. Cependant, les capacités d’accueil et d’intégration restent limitées, d’autant plus que le pays traverse lui-même des crises internes, notamment dans le Tigré et l’Amhara. Le centre d’Addis-Abeba s’inscrit donc dans une stratégie plus large de désengorgement des camps et de promotion de l’autonomie des réfugiés en milieu urbain.

Des implications pour les politiques d’intégration

Ce projet pourrait également servir de modèle pour d’autres métropoles africaines confrontées à des défis similaires. En centralisant l’aide administrative, le HCR et le gouvernement éthiopien cherchent à fluidifier les parcours des réfugiés, tout en renforçant leur protection juridique. Toutefois, des observateurs notent que l’efficacité de ce centre dépendra de sa capacité à coordonner les services publics locaux, souvent sous-financés. Par ailleurs, la question du logement et de l’emploi reste cruciale : sans solutions concrètes dans ces domaines, l’accompagnement administratif seul pourrait s’avérer insuffisant pour dissuader les départs vers des routes migratoires risquées.

Une réponse à un besoin urgent

L’ouverture de ce centre intervient dans un contexte où les flux migratoires via la Corne de l’Afrique restent élevés, notamment vers la péninsule arabique. Selon des sources humanitaires, des milliers de réfugiés tentent chaque année de traverser la mer Rouge, avec des risques de naufrage ou de détention. En offrant une alternative à ces trajectoires périlleuses, le HCR espère non seulement améliorer les conditions de vie des exilés à Addis-Abeba, mais aussi réduire les pressions sur les routes migratoires. Reste à savoir si les moyens alloués seront à la hauteur des besoins, alors que les financements internationaux pour l’aide aux réfugiés stagnent dans plusieurs régions du monde.