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États-Unis: la justice déclare illégal le gel des visas imposé par Donald Trump à 75 pays

Monde · · Par Claire BERNARD

États-Unis: la justice déclare illégal le gel des visas imposé par Donald Trump à 75 pays

La justice fédérale américaine a infligé un nouveau revers à l'administration Trump en déclarant illégal, ce vendredi 21 août 2026, le gel des procédures de vis

La justice fédérale américaine a infligé un nouveau revers à l'administration Trump en déclarant illégal, ce vendredi 21 août 2026, le gel des procédures de visas de résidence permanente imposé en janvier dernier à 75 pays. Cette décision judiciaire, rapportée par RFI, constitue un obstacle supplémentaire à la politique de lutte contre l'immigration menée par le président américain. ## Une décision fondée sur des motifs procéduraux La juge fédérale à l'origine de cette décision a estimé que le décret présidentiel, qui suspendait l'ensemble des demandes de visas d'immigration pour les ressortissants de 75 pays, outrepassait les prérogatives légales de l'exécutif. Selon des informations rapportées par RFI, le tribunal a notamment relevé que la mesure ne reposait pas sur une base légale suffisante pour justifier une suspension aussi large et indifférenciée. Le gel, qui concernait les procédures permettant de résider de manière permanente aux États-Unis, avait été présenté par l'administration comme un outil de protection des intérêts nationaux en matière de sécurité et de gestion des flux migratoires. Cette décision intervient dans un contexte où les tribunaux fédéraux ont déjà, à plusieurs reprises, censuré des dispositions phares de la politique migratoire de l'administration Trump. Le caractère global de la mesure, visant un nombre aussi important de pays sans distinction de motifs individuels, aurait constitué l'un des principaux points de fragilité juridique identifiés par la magistrate. ## Une portée politique et administrative considérable La décision de la juge fédérale ne se limite pas à un simple constat d'illégalité ; elle pourrait également contraindre l'administration à rouvrir les procédures de traitement des demandes de visa suspendues depuis près de huit mois. Des milliers de dossiers, déposés avant l'entrée en vigueur du décret, se trouvent en effet dans l'attente d'une issue depuis janvier. Les services consulaires américains, qui avaient reçu pour consigne de ne plus instruire ces demandes, devraient potentiellement reprendre leur activité normale pour les pays concernés. Par ailleurs, cette décision judiciaire pourrait avoir des répercussions sur d'autres aspects de la politique migratoire de l'administration. En effet, plusieurs mesures similaires, adoptées sous forme de décrets ou de directives internes, font actuellement l'objet de recours devant d'autres juridictions fédérales. Les opposants à ces politiques, notamment des organisations de défense des droits des immigrants, pourraient s'appuyer sur ce jugement pour renforcer leurs arguments juridiques dans d'autres procédures en cours. ## Un nouveau chapitre dans un bras de fer institutionnel Ce jugement s'inscrit dans un bras de fer plus large entre l'exécutif américain et le pouvoir judiciaire autour de la question migratoire. Depuis le début de son mandat, l'administration Trump a multiplié les initiatives visant à restreindre l'immigration légale et illégale, suscitant des contestations répétées devant les tribunaux. La décision de ce vendredi pourrait être suivie d'un appel de la part du gouvernement, qui dispose d'un délai légal pour contester la décision devant une cour supérieure. L'issue de cette procédure pourrait également influencer les débats politiques à l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre prochain. La question de l'immigration demeure en effet l'un des sujets les plus clivants de la vie politique américaine, et chaque décision judiciaire est susceptible d'être utilisée par les deux camps comme argument de campagne. L'administration pourrait, selon certaines analyses, chercher à accélérer une réforme législative pour tenter de contourner l'obstacle judiciaire par une voie légale plus solide. La décision de la juge fédérale, si elle devait être confirmée en appel, contraindrait l'exécutif à revoir sa stratégie juridique, sans pour autant remettre en cause l'objectif affiché de réduction de l'immigration. Le bras de fer entre la Maison-Blanche et les tribunaux sur cette question semble ainsi devoir se poursuivre dans les prochains mois, avec des enjeux à la fois juridiques, politiques et administratifs.