État, fiscalité et finances publiques, navigation à vue : ces décisions qui ont coulé la France depuis 50 ans

# État, fiscalité et finances publiques : l'institut Thomas More épingle cinquante ans de dérive Le constat est sévère, chiffré, et sans appel. Dans une vaste é
# État, fiscalité et finances publiques : l'institut Thomas More épingle cinquante ans de dérive
Le constat est sévère, chiffré, et sans appel. Dans une vaste étude publiée par Le Figaro Magazine le 15 août 2026, l'institut Thomas More, laboratoire d'idées libéral-conservateur fondé en 2004, dresse l'inventaire des cinquante décisions qui, de Valéry Giscard d'Estaing à Emmanuel Macron, auraient contribué à "couler la France". État obèse, fiscalité record, dérive continue des dépenses publiques et explosion de la dette nationale : le diagnostic alarmiste s'accompagne d'un plaidoyer pour des réformes structurelles, notamment une réduction drastique du nombre de fonctionnaires et un allègement des normes pesant sur les entreprises et les collectivités.
## Un déclin "réel mais pas fatal" selon le think tank
Pour les auteurs de l'étude, la situation actuelle des finances publiques françaises résulterait d'un enchaînement de choix politiques contestables plutôt que d'une fatalité économique. L'institut Thomas More estime qu'il existe une alternative crédible à la trajectoire actuelle, à condition d'oser "la voie des réformes". Le think tank pointe en particulier la culture du prélèvement qui aurait progressivement supplanté celle de la création de richesses, transformant la France en un pays où l'investissement serait structurellement pénalisé. Cette analyse intervient dans un contexte où la dette publique française dépasse les 3 000 milliards d'euros et où les débats sur la soutenabilité des finances de l'État s'intensifient.
### L'impôt sur la fortune, première décision emblématique
Parmi les mesures dénoncées, l'institut Thomas More met en avant la loi n°81-1160 du 30 décembre 1981, instituant l'impôt sur la fortune dans le cadre de la loi de finances pour 1982. Cette décision, intervenue quelques mois après l'arrivée de François Mitterrand à l'Élysée, est présentée comme le symbole d'un basculement idéologique : la taxation de la réussite individuelle aurait, selon le think tank, contribué à faire fuir l'investissement et les capitaux hors de France. Les auteurs estiment que cette mesure a durablement installé une logique de prélèvement au détriment d'une logique de création de richesses, avec des conséquences qui se feraient encore sentir aujourd'hui en matière d'attractivité économique.
## Cinquante ans de décisions aux effets cumulés
L'inventaire dressé par l'institut ne se limite pas à la fiscalité. Il embrasse l'ensemble des politiques publiques menées depuis le milieu des années 1970, couvrant la gestion de l'État, l'évolution de la dépense publique et les choix budgétaires successifs. La méthode retenue consiste à isoler cinquante décisions structurantes, dont les effets cumulés expliqueraient la situation actuelle. Cette approche longitudinale permet de mettre en perspective des choix parfois présentés comme ponctuels à l'époque de leur adoption, mais dont les conséquences à long terme se seraient révélées particulièrement coûteuses pour les contribuables et pour l'équilibre des comptes publics.
### Des pistes de réforme clairement identifiées
Au-delà du diagnostic, l'étude esquisse des pistes de sortie de crise. La réduction du nombre de fonctionnaires est présentée comme une priorité absolue, tout comme l'allègement des normes qui pèseraient sur les Français, les entreprises et les collectivités locales. L'institut Thomas More défend ainsi une vision libérale de l'État, recentré sur ses missions régaliennes et débarrassé de ce que le think tank considère comme des surcharges bureaucratiques. Le rétablissement de l'équilibre des comptes publics passe, selon lui, par une remise en question profonde des structures administratives héritées de ces cinquante dernières années.
## Un débat qui s'annonce vif
La publication de cet inventaire intervient dans un climat politique et économique tendu, où la question de la soutenabilité de la dette française et du niveau des prélèvements obligatoires nourrit des débats récurrents. Si les analyses de l'institut Thomas More s'inscrivent clairement dans une mouvance libérale, elles ont le mérite de poser des questions essentielles sur l'efficacité de la dépense publique et sur la trajectoire économique du pays. Les partisans d'une fiscalité plus lourde pour financer les services publics y verront sans doute une charge idéologique, tandis que les défenseurs de la réduction de la dépense publique y trouveront des arguments supplémentaires. Le débat, lui, ne fait que commencer.