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Et pourquoi pas un «camping archéologique» ? Après la découverte d’ossements dans l’affaire Jubillar, la crainte d’un tourisme morbide

Une · · Par Claire BERNARD

Et pourquoi pas un «camping archéologique» ? Après la découverte d’ossements dans l’affaire Jubillar, la crainte d’un tourisme morbide

# Après la découverte d’ossements dans l’affaire Jubillar, la crainte d’un tourisme morbide s’installe Les gendarmes ont mis au jour jeudi, sur une parcelle agr

# Après la découverte d’ossements dans l’affaire Jubillar, la crainte d’un tourisme morbide s’installe Les gendarmes ont mis au jour jeudi, sur une parcelle agricole de Mailhoc, dans le Tarn, des ossements susceptibles d’appartenir à Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Alors que les enquêteurs ont quitté les lieux depuis vendredi soir, les autorités locales redoutent désormais un afflux de curieux attirés par ce lieu devenu tristement célèbre. ## Un champ ordinaire devenu scène de crime potentielle C’est un champ de quelque 200 hectares de blé comme il en existe des milliers d’autres dans le Tarn, mais lui attire désormais toutes les attentions. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, c’est sur les indications de Cédric Jubillar, mis en examen pour le meurtre de son épouse, que les gendarmes se sont rendus sur ce terrain agricole situé dans le village de Mailhoc. Ils y ont retrouvé des ossements, dont deux fémurs, susceptibles d’appartenir à Delphine Jubillar. Située entre la départementale 600 reliant Albi à Cordes-sur-Ciel, cette parcelle ne se distingue des autres que par son cabanon de vigne adossé à un petit bois. Depuis la levée du dispositif de fouilles, les autorités craignent que le site n’attire des enquêteurs amateurs en quête de sensations macabres. ### La menace d’un « tourisme archéologique » morbide Les forces de l’ordre redoutent un phénomène déjà observé dans d’autres affaires criminelles : l’arrivée de curieux munis de pelles et de tamis, espérant découvrir des indices ou des objets liés à l’affaire. « Chacun apporte une pelle, un tamis », aurait confié une source proche du dossier, citée par *Le Figaro*, décrivant le risque de voir des individus fouiller illégalement le terrain. Ce type de comportement, parfois qualifié de « camping archéologique » par les enquêteurs, pourrait non seulement perturber les investigations en cours mais également compromettre d’éventuelles preuves supplémentaires. Les autorités locales réfléchiraient à des mesures de surveillance temporaire pour dissuader les intrusions, même après le départ des gendarmes. ## Un contexte judiciaire toujours sous haute tension L’affaire Jubillar, qui défraie la chronique depuis près de six ans, a connu un rebondissement majeur avec cette découverte. Cédric Jubillar, principal suspect, aurait indiqué aux enquêteurs l’endroit précis où il aurait enterré le corps de son épouse. Les analyses ADN en cours devraient confirmer ou infirmer l’appartenance des ossements à Delphine Jubillar. En attendant, le village de Mailhoc, habituellement paisible, se retrouve sous le feu des projecteurs médiatiques. Les habitants, interrogés par la presse locale, expriment leur inquiétude face à l’afflux potentiel de journalistes et de curieux, craignant que leur quotidien ne soit perturbé par ce qu’ils perçoivent comme un « tourisme morbide ». Le maire de la commune aurait d’ailleurs demandé un renforcement de la sécurité aux abords du champ. ### Des précédents qui inquiètent Ce phénomène n’est pas nouveau en France. Des affaires comme celle de l’homme au masque de fer ou, plus récemment, les disparitions non élucidées dans les Alpes avaient attiré des passionnés d’énigmes criminelles sur les lieux des faits. Les autorités redoutent que la notoriété médiatique de l’affaire Jubillar n’amplifie ce mouvement. Selon des sources proches du dossier, des appels auraient déjà été lancés sur les réseaux sociaux pour organiser des « expéditions » sur le site. Les gendarmes, qui ont bouclé le périmètre pendant les fouilles, pourraient être contraints de maintenir une présence discrète pour éviter toute intrusion. La préfecture du Tarn n’a pas encore communiqué officiellement sur les mesures envisagées, mais des discussions seraient en cours avec la gendarmerie et la mairie de Mailhoc. ## Une attente cruciale pour la famille et la justice Au-delà des craintes liées au tourisme morbide, cette découverte représente un espoir pour la famille de Delphine Jubillar, qui attend depuis des années des réponses. Si les analyses confirment qu’il s’agit bien de son corps, cela pourrait permettre de clore un chapitre douloureux et de faire avancer l’enquête. Cependant, les investigations restent soumises au secret de l’instruction, et aucune information supplémentaire n’a été divulguée quant à la date des résultats ADN. En attendant, les autorités locales tentent de concilier la préservation du site, le respect de la procédure judiciaire et la tranquillité des habitants. Une équation délicate, alors que l’affaire Jubillar continue de captiver l’opinion publique et d’alimenter les spéculations.