Erreurs, abus et «surveillance de masse»... La colère gronde aux États-Unis face aux caméras dopées à l’IA de Flock Safety

Les caméras de surveillance intelligentes de l’entreprise Flock Safety, qui prolifèrent sur le territoire américain, suscitent une colère croissante. Selon un a
Les caméras de surveillance intelligentes de l’entreprise Flock Safety, qui prolifèrent sur le territoire américain, suscitent une colère croissante. Selon un article du Figaro publié le 8 août 2026, plus de 120 000 de ces appareils sont désormais installés aux États-Unis, enregistrant les trajets et l’aspect de tous les véhicules qui passent à proximité. Les dérives se multiplient, tout comme les actes de destruction visant ces dispositifs destinés aux forces de l’ordre.
### Un détournement d’outil aux conséquences personnelles
Le cas de Josue Ayala, policier à Milwaukee, illustre les risques liés à ces technologies. Selon les informations rapportées par Le Figaro, cet agent a utilisé secrètement le réseau de caméras Flock Safety pour espionner les allées et venues de son ex-petite amie pendant des mois. Entre mars 2025 et mai 2026, il aurait consulté à 125 reprises la base de données nationale alimentée par ces caméras, et se serait également renseigné 55 fois sur les déplacements de l’homme fréquentant son ancienne compagne. Ce détournement éthique majeur met en lumière les failles potentielles d’un système conçu à l’origine pour les enquêtes criminelles.
### Un système de surveillance de masse contesté
Le fonctionnement de Flock Safety repose sur la capture automatisée des images et de la géolocalisation de toutes les voitures passant à proximité des caméras, avec relevé automatique de leur plaque d’immatriculation. Ces données sont ensuite partagées dans une base nationale que les services de police abonnés peuvent interroger lors de leurs enquêtes. Ce dispositif, qui s’apparente selon ses détracteurs à une forme de « surveillance de masse », soulève des questions fondamentales sur le respect de la vie privée. La prolifération de ces appareils, qui dépasse désormais les 120 000 unités, témoigne de l’ampleur du phénomène et de son ancrage dans le paysage sécuritaire américain.
### Des actes de destruction en augmentation
Face à ces dérives, la colère gronde et se manifeste de manière concrète. Toujours selon Le Figaro, les destructions de ces caméras se multiplient à travers le pays. Ces actes, probablement perpétrés par des citoyens inquiets de cette surveillance généralisée, constituent une forme de résistance directe à l’implantation de ces dispositifs. Cette tendance pourrait s’accentuer à mesure que les cas d’abus, comme celui de Josue Ayala, deviennent publics et alimentent la méfiance envers ces outils technologiques déployés dans l’espace public.
### Un débat sur l’encadrement des technologies policières
L’affaire de Milwaukee n’est probablement pas un cas isolé, et elle relance le débat sur l’encadrement des technologies de surveillance utilisées par les forces de l’ordre. Les garanties éthiques et juridiques entourant l’usage de ces bases de données semblent insuffisantes face aux risques de détournement d’usage. Alors que Flock Safety continue d’étendre son réseau, les autorités locales et fédérales pourraient être amenées à renforcer les contrôles et à définir des protocoles plus stricts pour prévenir de tels abus. La question de la proportionnalité entre les impératifs de sécurité et la protection des libertés individuelles demeure, en effet, au cœur des préoccupations soulevées par cette affaire.