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En vendant des armes à Israël, l'Inde risque de se rendre complice du génocide à Gaza, selon Amnesty International

Monde · · Par Claire BERNARD

En vendant des armes à Israël, l'Inde risque de se rendre complice du génocide à Gaza, selon Amnesty International

Alors que le conflit à Gaza s'étend, New Delhi se trouve au cœur d'une controverse internationale. Selon des informations rapportées par RFI, l'ONG Amnesty Inte

Alors que le conflit à Gaza s'étend, New Delhi se trouve au cœur d'une controverse internationale. Selon des informations rapportées par RFI, l'ONG Amnesty International alerte sur le fait que l'Inde, en poursuivant ses livraisons d'armes à Israël, pourrait se rendre complice de ce que l'organisation qualifie de génocide dans la bande de Gaza. Cette mise en garde intervient alors que la communauté internationale examine de plus près les flux d'armements vers l'État hébreu. ## Un commerce d'armement sous haute tension D'après les déclarations d'Amnesty International relayées par RFI, l'Inde continue de livrer des armes à Israël malgré un « risque substantiel » que ces équipements soient utilisés contre la population civile palestinienne. Cette situation place New Delhi dans une position délicate, tiraillée entre ses relations historiques avec Israël et les pressions croissantes de la société civile et des organisations de défense des droits humains. Le gouvernement indien, qui n'a pas officiellement réagi à ces accusations, semblerait privilégier la continuité de ses accords de défense bilatéraux, conclus depuis plusieurs décennies avec Tel-Aviv. Les critiques estiment que ces transferts d'armes pourraient violer les conventions internationales sur les droits humains, notamment si les équipements livrés sont employés dans des opérations militaires touchant des zones densément peuplées comme Gaza. En effet, le droit international humanitaire interdit aux États de fournir des armes lorsqu'il existe des motifs sérieux de croire qu'elles pourraient être utilisées pour commettre des atrocités de masse. ## Des relations indo-israéliennes historiquement solides Le partenariat militaire entre l'Inde et Israël ne date pas d'hier. Depuis la normalisation de leurs relations diplomatiques au début des années 1990, les deux pays ont développé une coopération étroite dans les domaines de la défense, du renseignement et de la technologie militaire. Selon des sources diplomatiques, Israël serait devenu l'un des principaux fournisseurs d'armement de l'Inde, avec des contrats portant sur des systèmes de défense antiaérienne, des drones et des munitions de précision. Cependant, ce partenariat stratégique se heurte désormais à la réalité du terrain. Les frappes israéliennes sur Gaza, qui ont fait des milliers de victimes civiles selon les autorités locales du Hamas, ne sont pas sans conséquences sur l'image de l'Inde sur la scène internationale. D'autant plus que New Delhi entretient également des relations privilégiées avec plusieurs nations arabes et qu'elle se positionne régulièrement comme un défenseur des droits des peuples opprimés. ## La position de New Delhi face aux critiques Le gouvernement indien, dirigé par Narendra Modi, n'a pas encore officiellement commenté les allégations d'Amnesty International. Toutefois, selon des observateurs politiques, New Delhi pourrait arguer que ces livraisons relèvent de contrats signés antérieurement et que l'Inde ne peut unilatéralement les rompre sans compromettre sa sécurité nationale. Par ailleurs, l'Inde fait face à ses propres défis sécuritaires, notamment le long de sa frontière avec la Chine et le Pakistan, ce qui pourrait justifier à ses yeux le maintien de ses approvisionnements en armes israéliennes. Néanmoins, cette position pourrait s'avérer intenable à long terme. Les pressions diplomatiques s'intensifient, et plusieurs pays européens ont déjà suspendu leurs exportations d'armes vers Israël, invoquant des risques de violations du droit international. L'Inde pourrait donc se retrouver isolée si elle persistait dans cette voie, d'autant plus que le gouvernement de Benyamin Netanyahou fait l'objet de critiques grandissantes au sein même des instances internationales. ## Un précédent juridique potentiellement lourd de conséquences La qualification de « génocide » utilisée par Amnesty International n'est pas anodine. Elle fait référence à la Convention des Nations unies de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide. Si cette qualification venait à être retenue par une juridiction internationale, les États fournisseurs d'armes pourraient être tenus juridiquement responsables de complicité. Plusieurs plaintes ont d'ailleurs été déposées devant la Cour internationale de justice (CIJ), notamment par l'Afrique du Sud, qui accuse Israël de violations de la convention sur le génocide. Dans ce contexte, la position de l'Inde pourrait créer un précédent juridique majeur. En effet, si New Delhi maintenait ses livraisons malgré les avertissements répétés des ONG et des instances onusiennes, cela pourrait ouvrir la voie à des actions en justice contre d'autres États fournisseurs. Les implications diplomatiques seraient alors considérables, non seulement pour l'Inde, mais pour l'ensemble du commerce mondial des armes. La question demeure donc de savoir si New Delhi acceptera de revoir sa politique d'exportation ou si elle choisira de maintenir le cap, quitte à s'exposer à des conséquences juridiques et diplomatiques durables.