«En morceaux dans une valise»: suspectée du meurtre de sa belle-sœur, Marie-Thérèse Garcia, alias «Ma Dalton», devant les assises

« En morceaux dans une valise » : le procès de Marie-Thérèse Garcia, alias « Ma Dalton », s’ouvre à Versailles Trente et un ans après la disparition de sa belle
« En morceaux dans une valise » : le procès de Marie-Thérèse Garcia, alias « Ma Dalton », s’ouvre à Versailles
Trente et un ans après la disparition de sa belle-sœur, Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, comparaît à partir de ce mardi 16 juin devant la cour d’assises de Versailles. Surnommée « Ma Dalton » par la presse, cette septuagénaire est accusée du meurtre, de l’enlèvement et de la séquestration de Corinne Di Dio, dont le corps avait été retrouvé en 1997 dans une malle flottant sur la Seine. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le procès, qui doit durer trois semaines, plonge les jurés dans une affaire nébuleuse mêlant grand banditisme, adultères et haines familiales.
Un cadavre retrouvé dans une malle, deux ans après la disparition
L’affaire débute le 19 juin 1995. Ce jour-là, Corinne Di Dio, 36 ans, confie à une collègue qu’elle se rend à un rendez-vous qu’elle qualifie de « bizarre ». En sortant de son travail, elle monte dans sa Peugeot 205 blanche et disparaît. Pendant plusieurs jours, ses proches tentent de la joindre sans succès. Ce n’est qu’en 1997, soit deux ans plus tard, que des promeneurs découvrent sur les bords de la Seine une malle contenant un corps atrocement mutilé. Les analyses identifieront formellement la dépouille de Corinne Di Dio. Selon les éléments de l’enquête, le corps avait été découpé en plusieurs morceaux, ce qui a valu à l’affaire son surnom macabre : « En morceaux dans une valise ». Les investigations s’orientent rapidement vers l’entourage familial de la victime, et notamment vers sa belle-sœur, Marie-Thérèse Garcia.
« Ma Dalton », une figure du grand banditisme ?
Marie-Thérèse Garcia, aujourd’hui âgée de 79 ans, n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Surnommée « Ma Dalton » en référence à la célèbre bande de hors-la-loi, elle évoluerait dans les milieux du grand banditisme. Selon des sources proches du dossier, son profil aurait attiré l’attention des enquêteurs en raison de ses liens avec le milieu marseillais. Ses avocats la décrivent parfois comme « la détenue la plus vieille de France », soulignant son âge avancé et son état de santé fragile. Le procès devra déterminer si elle est bien l’auteure du meurtre de sa belle-sœur, un crime qui pourrait avoir été motivé par des tensions familiales anciennes, notamment des accusations d’adultère et des conflits d’héritage.
Un procès sous haute tension, trois décennies après les faits
Le procès, qui se tient devant la cour d’assises de Versailles, s’annonce complexe. Les faits remontant à plus de trente ans, la mémoire des témoins pourrait être altérée, et les preuves matérielles, limitées. L’accusée, qui a toujours nié les faits, devra répondre de charges lourdes : meurtre, enlèvement et séquestration. Selon Le Figaro, les débats devraient permettre d’éclaircir les zones d’ombre de cette affaire, notamment le mobile exact du crime et le rôle éventuel d’autres complices. La défense de Marie-Thérèse Garcia devrait plaider l’absence de preuves directes et mettre en avant l’âge de sa cliente, tandis que l’accusation entend démontrer que « Ma Dalton » aurait agi avec une détermination sans faille pour éliminer sa belle-sœur.
Les implications d’une affaire hors norme
Au-delà du drame familial, cette affaire interroge sur la persistance des affaires non résolues dans les archives judiciaires. Le délai de trente et un ans entre les faits et le procès soulève des questions sur l’efficacité des enquêtes criminelles et sur la capacité de la justice à juger des crimes anciens. Pour les proches de Corinne Di Dio, ce procès représente l’espoir d’une vérité enfin révélée, après des décennies de silence et de douleur. La cour d’assises de Versailles devra trancher, dans un contexte où la présomption d’innocence demeure, mais où les attentes de la société en matière de justice sont fortes. La décision, attendue dans les prochaines semaines, pourrait marquer un tournant dans cette affaire emblématique du grand banditisme français.