Onyx Infos

«En juin 2024, les digues ont cédé»: cet électorat de droite, plus âgé et diplômé, tenté par le RN

Une · · Par Claire BERNARD

«En juin 2024, les digues ont cédé»: cet électorat de droite, plus âgé et diplômé, tenté par le RN

# «En juin 2024, les digues ont cédé» : cet électorat de droite, plus âgé et diplômé, tenté par le RN L'électorat du Rassemblement national connaît une mutation

# «En juin 2024, les digues ont cédé» : cet électorat de droite, plus âgé et diplômé, tenté par le RN L'électorat du Rassemblement national connaît une mutation profonde que le politologue Pascal Perrineau, professeur émérite à Sciences Po, analyse dans une note publiée pour la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol). Selon les éléments rapportés par Le Figaro, cette étude consacrée aux évolutions de l'électorat RN sur les deux quinquennats Macron (2017-2027) met en lumière un franchissement de seuil historique intervenu lors des élections européennes de juin 2024. ## Une progression électorale sans précédent depuis 2011 L'étude de Pascal Perrineau retrace la trajectoire du parti à la flamme depuis les premiers scores du Front national de Jean-Marie Le Pen. D'après les données compilées par le politologue, le FN avait obtenu 10,95% aux européennes de 1984, puis 14,4% à la présidentielle de 1988, avant l'accession au second tour en 2002 avec 16,9% des suffrages. Le recul de 2007, avec 10,4%, semblait alors marquer un plafond pour le parti. À partir de 2011, l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du mouvement inaugure une phase de progression constante : 17,9% en 2012, 21,3% en 2017, puis 23,2% en 2022 lors des scrutins présidentiels. Cependant, c'est le scrutin européen de juin 2024 qui représente, selon l'expression employée par le politologue, le moment où « les digues ont cédé », avec un score de 31,4% pour la liste RN, confirmé par les 33,2% obtenus au premier tour des législatives anticipées (RN et UDR confondus). ## Un électorat qui se diversifie sociologiquement La note de la Fondapol met en évidence une transformation sociologique de cet électorat qui ne correspond plus aux stéréotypes habituels. Selon les analyses de Pascal Perrineau, le vote RN séduirait désormais un électorat plus âgé et plus diplômé que par le passé, élargissant sa base traditionnelle composée d'ouvriers et d'employés. Cette évolution traduirait un phénomène de normalisation du parti dans le paysage politique français, qui passerait d'un parti de protestation à un parti dominant. Les catégories socioprofessionnelles supérieures et les retraités, historiquement réticents à l'égard du Front national puis du Rassemblement national, seraient désormais davantage perméables à son discours. Cette dynamique s'accompagnerait d'une implantation territoriale élargie, touchant également des zones urbaines et périurbaines jusqu'alors moins réceptives aux thèses du parti. ## Des perspectives électorales majeures pour 2027 Cette radioscopie de l'électorat RN intervient dans un contexte politique marqué par la perspective de l'élection présidentielle de 2027. Les travaux de Pascal Perrineau, qui avait déjà documenté les cycles électoraux du parti dans ses précédents ouvrages, suggèrent que la dynamique enclenchée en juin 2024 pourrait se prolonger. Toutefois, le politologue n'exclut pas que ce mouvement puisse également refléter une droitisation plus globale de l'électorat français, dont les effets dépasseraient le seul cadre du Rassemblement national. La question de la capacité du parti à consolider cet électorat élargi lors des prochaines échéances électorales demeure ouverte, d'autant que les équilibres internes à la droite française et les recompositions politiques en cours pourraient influencer ces trajectoires.