En Israël, l’échec du plan de déstabilisation de l’Iran plonge le Mossad dans la tourmente

Le Mossad traverse l’une des crises les plus sévères de son histoire récente. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le limogeage de deux hauts respon
Le Mossad traverse l’une des crises les plus sévères de son histoire récente. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le limogeage de deux hauts responsables du service de renseignements extérieurs israélien, consécutif à un veto opposé par l’administration Trump à un plan de déstabilisation du régime iranien, a déclenché une polémique d’une ampleur inédite dans l’État hébreu.
## Un fiasco opérationnel aux conséquences politiques majeures
La tempête médiatique qui secoue actuellement le Mossad trouve son origine dans une décision interne prise par son nouveau directeur, Roman Gofman. Entré en fonction en juin dernier, ce dernier a procédé au limogeage de deux responsables placés sous ses ordres, tous deux tenus pour responsables de l’échec d’un projet d’opération visant à provoquer la chute du régime iranien. Le premier des deux fusibles, dont l’identité demeure couverte par la censure militaire, occupait le poste de directeur du renseignement. Le second dirigeait la division spécifiquement chargée du dossier iranien, avec pour mission notamment d’établir une liste de cibles potentielles pour le Mossad sur le territoire de la République islamique.
Selon les éléments rapportés par le quotidien français, ces deux hauts responsables avaient élaboré un plan d’action ambitieux destiné à fomenter un soulèvement populaire à l’intérieur de l’Iran. Ce scénario reposait en grande partie sur le soutien apporté à la minorité kurde iranienne, considérée comme un levier potentiel de déstabilisation. Le dispositif prévoyait également des frappes israéliennes contre les positions des gardiens de la révolution le long de la frontière, afin de créer les conditions d’une escalade interne.
## Le veto de Donald Trump, déclencheur de la crise
L’élément déclencheur de cette crise interne résiderait dans l’opposition formelle exprimée par Donald Trump à l’encontre de ce plan. L’ancien président américain, dont l’influence sur la politique étrangère régionale demeure considérable, aurait opposé son veto au projet, contraignant ainsi les autorités israéliennes à abandonner une opération longuement préparée. Cette intervention américaine aurait été perçue comme une humiliation par une partie de l’appareil sécuritaire israélien, d’autant plus que le plan avait fait l’objet de nombreux investissements en termes de renseignement et de logistique.
Le limogeage des deux responsables, intervenu dans la foulée de ce veto, semble avoir été décidé par Roman Gofman afin de désigner des boucs émissaires et de préserver sa propre position. Toutefois, cette stratégie de communication interne n’a pas produit les effets escomptés. Bien au contraire, elle a exposé le Mossad à un flot de révélations sans précédent, mettant à mal le culte du secret qui constitue traditionnellement la marque de fabrique du service de renseignements extérieurs israélien.
## Un nouveau directeur déjà fragilisé
La situation de Roman Gofman apparaît d’autant plus délicate que sa légitimité est contestée dès sa nomination. Accusé d’être un fidèle de Benyamin Netanyahou sans expérience préalable en matière de renseignement, il se retrouve aujourd’hui sur la sellette à peine deux mois après sa prise de fonction. Ce contexte de défiance initiale complique singulièrement sa capacité à gérer la crise actuelle et à restaurer l’autorité du service.
Par ailleurs, cette affaire intervient dans un climat régional déjà particulièrement tendu. Les relations entre Israël et l’Iran n’ont cessé de se dégrader ces dernières années, avec des confrontations directes et indirectes multiples, notamment en Syrie et au Liban. L’échec de ce plan de déstabilisation pourrait être interprété par Téhéran comme un signe de faiblesse israélien, susceptible d’encourager le régime des mollahs à durcir sa position sur plusieurs dossiers sensibles, dont le programme nucléaire.
La polémique actuelle soulève également des questions plus larges sur la chaîne de décision au sein de l’appareil sécuritaire israélien et sur les équilibres politiques internes. La place prépondérante qu’occupe le Mossad dans la stratégie de défense nationale israélienne rend chaque dysfonctionnement particulièrement sensible, d’autant plus lorsqu’il est exposé au grand jour. Alors que les enquêtes internes se multiplient et que les fuites continuent d’alimenter la presse, l’institution devra vraisemblablement entreprendre un travail de fond pour restaurer sa crédibilité, tant auprès de ses partenaires étrangers que de l’opinion publique israélienne.