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En Grèce, le secteur du tourisme en grève pour dénoncer ses conditions de travail

Monde · · Par Claire BERNARD

En Grèce, le secteur du tourisme en grève pour dénoncer ses conditions de travail

# Grèce : les travailleurs du tourisme en grève pour dénoncer des conditions de travail jugées intenables En Grèce, alors que la saison touristique démarre à pe

# Grèce : les travailleurs du tourisme en grève pour dénoncer des conditions de travail jugées intenables En Grèce, alors que la saison touristique démarre à peine, les employés des hôtels et des restaurants ont entamé une grève ce mercredi 24 juin 2026, avec des manifestations organisées à travers tout le pays. Selon des informations rapportées par RFI, les travailleurs du secteur hôtelier se disent « exténués » et réclament des mesures urgentes pour améliorer leurs conditions de travail, alors que le pays fait face à une pénurie croissante de main-d'œuvre dans ce secteur clé de l'économie nationale. ## Des revendications salariales et sociales pressantes ### Des salaires insuffisants face à l'inflation Les grévistes dénoncent des rémunérations qui n'ont pas suivi l'augmentation du coût de la vie, particulièrement marquée en Grèce depuis plusieurs années. D'après des sources syndicales, les salaires dans l'hôtellerie-restauration seraient parmi les plus bas d'Europe, avec un salaire minimum sectoriel qui peinerait à atteindre 800 euros brut mensuels pour des semaines de travail pouvant dépasser les 50 heures. Les employés réclament une revalorisation significative, estimant que les marges des grands groupes hôteliers et des chaînes de restauration permettraient une hausse sans mettre en péril la compétitivité du secteur. ### Le droit au repos, une revendication centrale Au-delà des questions salariales, la grève met en lumière un problème structurel : le manque de jours de repos effectifs. Selon des témoignages recueillis par RFI, de nombreux employés travailleraient six à sept jours sur sept pendant la haute saison, sans possibilité de récupération. Les syndicats exigent l'application stricte de la législation du travail, qui prévoit un repos hebdomadaire obligatoire, mais qui serait régulièrement contournée par des employeurs sous pression pour maximiser la rentabilité durant la période estivale. ## Une pénurie de main-d'œuvre qui inquiète ### Un secteur qui attire de moins en moins Les conditions de travail difficiles auraient un effet dissuasif sur les nouvelles générations de travailleurs. D'après des données fournies par les organisations patronales du tourisme, le secteur hôtelier grec connaîtrait une pénurie de main-d'œuvre estimée à près de 60 000 postes pour l'été 2026. Cette situation serait notamment due au départ de nombreux employés vers d'autres secteurs offrant de meilleures conditions, comme les services numériques ou le commerce en ligne, mais aussi à l'émigration de travailleurs grecs qualifiés vers d'autres pays européens. ### Des conséquences économiques potentielles Cette pénurie de personnel pourrait avoir des répercussions directes sur l'offre touristique grecque, qui représente environ 20 % du PIB national. Selon des analystes économiques cités par RFI, certains établissements hôteliers pourraient être contraints de réduire leur capacité d'accueil, voire de fermer temporairement des sections entières, faute de personnel suffisant. Les restaurateurs, quant à eux, redouteraient une baisse de la qualité du service, susceptible d'impacter la réputation de la destination. ## Une mobilisation qui pourrait s'étendre Les manifestations de ce mercredi 24 juin pourraient n'être que le début d'un mouvement social plus large. Selon des sources syndicales, si les revendications ne sont pas entendues rapidement, des actions reconductibles sont envisagées, notamment pendant les week-ends les plus chargés de l'été. Le gouvernement grec, qui mise sur une saison touristique record avec des prévisions de 35 millions de visiteurs, se trouverait dans une position délicate, tiraillé entre la nécessité de soutenir un secteur économique vital et celle de répondre aux attentes légitimes des travailleurs. La grève de ce mercredi intervient dans un contexte où la Grèce tente de consolider sa reprise économique après une décennie de crise. Les négociations entre syndicats, patronat et pouvoirs publics pourraient s'avérer déterminantes pour l'avenir d'un secteur qui emploie directement près de 400 000 personnes dans le pays.