"En France, 80% des produits de notre panier sont en croissance": comment Yoplait est parvenu à doubler son chiffre d'affaires cinq ans après sa reprise par le français Sodiaal

Cinq ans après avoir été reprise par la coopérative française Sodiaal, la marque Yoplait revendique un chiffre d'affaires doublé. Un redressement porté par un v
Cinq ans après avoir été reprise par la coopérative française Sodiaal, la marque Yoplait revendique un chiffre d'affaires doublé. Un redressement porté par un virage stratégique assumé vers les protéines et la naturalité, engagé depuis 2024, selon les informations rapportées par BFM Business.
## Une reprise en plusieurs actes
L'histoire capitalistique de Yoplait est mouvementée. Créée en 1965 par six coopératives — symbolisées par les six pétales de sa fleur rouge et orange —, la marque a d'abord été contrôlée par ses fondatrices avant que celles-ci ne partagent le capital en 2002 avec le fonds Paribas Affaires industrielles (PAI Partners). En 2011, le groupe américain General Mills en prend le contrôle. Il faudra attendre 2021 pour que Sodiaal, le groupement de coopératives agricoles né en 1990 des six fondatrices, reprenne la main sur sa marque historique.
Cette reprise marque un tournant. La stratégie commerciale est « radicalement revue » à partir de 2024, précise BFM Business, pour capitaliser sur l'engouement mondial pour les protéines. Ces dernières représentent désormais 35 % du marché mondial du yaourt, un segment en pleine expansion qui profite du retour en grâce des produits laitiers frais.
## 90 millions d'euros investis dans les usines françaises
Pour accompagner ce repositionnement, Yoplait a engagé quelque 90 millions d'euros d'investissements dans ses trois sites de production français — Le Mans, Auxerre et Vienne — qui transforment le lait des éleveurs associés. Objectif affiché : adapter les lignes de production aux nouvelles recettes, plus riches en protéines et tournées vers la naturalité.
« En France, 80 % des produits de notre panier sont en croissance », indique Gaël Durand, co-directeur de Yoplait en charge de l'Hexagone, cité par la chaîne économique. Un indicateur qui traduit la pertinence du repositionnement sur un marché français où la marque revendique par ailleurs 38 % du segment du skyr, ce yaourt d'origine scandinave devenu emblème de la tendance protéinée.
Le célèbre panier aux fruits, qui trône depuis des décennies dans les rayons frais de la grande distribution, incarne désormais « plutôt le passé » de la marque, selon la formule employée par BFM Business. L'avenir, lui, « s'habille en blanc ».
## Un modèle international diversifié
Le développement à l'international constitue le second pilier de cette stratégie, sous la conduite de Myriam Riedel-Kienzi, co-directrice en charge de ce volet. Présente dans 40 pays, Yoplait s'appuie sur un modèle diversifié : une filiale industrielle au Canada, acquise en 2025, des filiales commerciales en Angleterre et en Irlande, ainsi qu'un réseau de franchises — initiées dès 1969 — avec des laiteries locales implantées dans 30 pays. S'y ajoutent quelques partenariats avec des distributeurs étrangers.
Cette architecture hybride permet à la marque de limiter ses investissements industriels tout en s'appuyant sur des acteurs locaux pour produire et distribuer. Une approche éprouvée de longue date, mais réactivée à l'heure où la demande mondiale pour les protéines laitières s'intensifie.
## Un pari encore à confirmer
Le doublement du chiffre d'affaires en cinq ans constitue un signal fort pour Sodiaal, qui a fait le choix de rapatrier sous contrôle coopératif une marque passée entre les mains d'un fonds d'investissement puis d'un géant américain. Reste à savoir si cette dynamique s'inscrira dans la durée, alors que le marché des produits laitiers frais demeure très concurrentiel et que la mode des protéines pourrait, elle aussi, connaître des inflexions.
Pour l'heure, Yoplait semble avoir trouvé dans la naturalité et la nutrition un relais de croissance crédible, adossé à un actionnariat coopératif qui revendique une vision de long terme. Un modèle que la marque entend désormais exporter bien au-delà des rayons français.