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EN DIRECT - REF 2026 : «Si l’étatisme était la solution, nous serions champions du monde», lance le patron du Medef Patrick Martin

Une · · Par Claire BERNARD

EN DIRECT - REF 2026 : «Si l’étatisme était la solution, nous serions champions du monde», lance le patron du Medef Patrick Martin

La rentrée politique s’annonce sous le signe d’un franc plaidoyer libéral. En ouverture de la REF 2026, la Rencontre des entrepreneurs de France, le président d

La rentrée politique s’annonce sous le signe d’un franc plaidoyer libéral. En ouverture de la REF 2026, la Rencontre des entrepreneurs de France, le président du Medef, Patrick Martin, a livré un discours offensif ce mercredi 26 août, fustigeant un « étatisme » qu’il juge contre-productif pour l’économie nationale. Devant un parterre de chefs d’entreprise réunis à Paris, le patron des patrons a appelé à une mobilisation collective pour défendre un modèle économique fondé sur l’initiative privée. ### Un réquisitoire contre la « vache à lait » étatique « Si l’étatisme était la solution, nous serions champions du monde », a lancé Patrick Martin, selon des informations rapportées par Le Figaro. Cette formule choc, prononcée sur la scène principale de la REF 2026, résume la tonalité générale d’une intervention visant à redonner confiance aux entrepreneurs. Le président du syndicat patronal, qui revendique 20 000 participants sur deux jours, a notamment tenu à avertir les futurs candidats à l’élection présidentielle : « Ne nous sous-estimez pas », a-t-il prévenu, en haussant le ton. D’après les propos rapportés par nos confrères, Patrick Martin refuse que les entreprises soient considérées comme des « vaches à lait » au motif que leur poids électoral serait limité. « Notre seuil de douleur est largement atteint », a-t-il assuré, citant pêle-mêle les défaillances d’entreprises, les difficultés de l’emploi ou encore la dégradation de la balance commerciale. Un constat alarmiste qui sert de socle à son appel à la mobilisation : « La puissance de notre collectif » doit être opposée aux logiques de prélèvements supplémentaires. ### ### L’appel à devenir des « militants de l’entreprise » Au-delà de la critique, le leader patronal a cherché à insuffler un état d’esprit conquérant. Il a exhorté les entrepreneurs présents à devenir des « militants de l’entreprise », une formule qui traduit sa volonté de sortir le monde économique de sa réserve traditionnelle. Cette posture intervient dans un contexte où les organisations patronales cherchent à peser davantage dans le débat public, en amont des échéances électorales de 2027. Cette stratégie de prise de parole directe s’accompagne d’une proposition symbolique forte. Patrick Martin a en effet appelé à soutenir la panthéonisation d’André Citroën, qu’il a décrit comme un « fils d’immigré, ingénieur visionnaire, capitaine d’industrie ». Selon lui, cette figure historique, ancien combattant ayant mis ses usines au service de la France durant les conflits, incarnerait une reconnaissance officielle du rôle des entrepreneurs dans la réussite nationale. Il a salué au passage le travail d’Henri-Jacques Citroën, descendant du fondateur, à l’origine de ce projet mémoriel. Cette initiative, rapportée par Le Figaro, vise à ancrer l’entreprise dans le récit national, au même titre que d’autres grandes figures de l’histoire de France. ### Une séquence politique sous haute tension La tenue de cette REF 2026 intervient dans un climat économique et social tendu. Les courbes des défaillances d’entreprises, en hausse constante depuis plusieurs trimestres, et les débats récurrents sur le financement de la protection sociale alimentent les inquiétudes du patronat. En prenant la parole de manière aussi tranchée, Patrick Martin semble vouloir cadrer le débat avant même l’ouverture officielle de la campagne présidentielle. Toutefois, cette ligne résolument libérale pourrait se heurter aux réalités politiques. La question du poids de l’État dans l’économie reste un sujet clivant, et les appels du Medef à une réduction de la dépense publique pourraient ne pas trouver d’écho auprès de toutes les sensibilités politiques. L’issue de ce bras de fer rhétorique dépendra de la capacité des entrepreneurs à transformer cette mobilisation verbale en influence concrète sur les programmes des candidats. La suite de la REF 2026, qui se poursuit jeudi, permettra d’en mesurer les premiers effets.